Stella Assange : l’UE doit mieux protéger les journalistes
L’UE devrait faire beaucoup plus pour protéger Julian Assange, a confié Stella Assange, avocate militante des droits de l’homme et épouse de M. Assange, durant un entretien vidéo exclusif avec EURACTIV.
L’UE devrait faire beaucoup plus pour protéger Julian Assange, a confié Stella Assange, avocate militante des droits de l’homme et épouse de M. Assange, durant un entretien vidéo exclusif avec EURACTIV au Parlement européen à Strasbourg, mardi (13 décembre).
Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, est actuellement écroué à la prison de Belmarsh à Londres. Il a fait appel de son extradition vers les États-Unis.
« Les États-Unis doivent entendre de la bouche de leurs alliés que cette situation est intolérable, qu’elle affecte les valeurs et les intérêts de l’UE, car il s’agit des États-Unis qui dépassent leurs frontières et revendiquent leur juridiction dans l’espace européen afin de limiter la liberté de la presse et le droit du public à connaître la vérité en criminalisant la parole et le journalisme », a déclaré Stella Assange.
Julian Assange figurait parmi les finalistes du prix Sakharov, remis par l’UE et dédié aux individus, groupes ou organisations qui contribuent à la protection de la « liberté de l’esprit ».
Chaque année depuis 1988, le Parlement européen remet ce prix à l’automne et accueille les lauréats et les finalistes lors d’une cérémonie à Strasbourg pendant la session plénière de décembre.
La candidature de Julian Assange a été proposée par les eurodéputés du parti centriste italien Mouvement 5 étoiles (Movimento 5 Stelle, M5S).
Cette année, le prix a été remporté par le peuple ukrainien, « représenté par son président, ses dirigeants élus et sa société civile ».
Le lauréat du prix Sakharov est le peuple ukrainien
Le peuple ukrainien, représenté par son président, ses dirigeants élus et sa société civile, a…
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Stella Assange assistait à la cérémonie de remise du prix Sakharov, mercredi (14 décembre), au nom de son mari.
« Les pays doivent défendre leurs valeurs fondamentales et ne doivent pas tolérer les demandes d’extradition scandaleuses, comme celle de Julian », a confié Stella Assange à EURACTIV.
« Julian n’aurait pas dû passer un seul jour en prison », a-t-elle affirmé. « Il est poursuivi pour les mêmes activités qui ont fait de lui un finaliste du prix Sakharov. »
« Ce qu’il a exposé, ce sont des crimes de guerre, des meurtres de civils, des tortures, des restitutions, etc. ; il a exposé des crimes commis par le gouvernement américain et ses agents », a-t-elle ajouté.
S’il est extradé vers les États-Unis, le fondateur de WikiLeaks risque une peine de 175 ans de prison pour avoir publié des documents secret-défense détaillant les violations des droits de l’homme commises pendant les guerres américaines en Irak et en Afghanistan.
Il est recherché par les autorités américaines pour 18 chefs d’accusation, dont celui d’espionnage, en rapport avec la publication par WikiLeaks de vastes quantités de dossiers militaires et de câbles diplomatiques confidentiels américains, qui, selon Washington, ont mis des vies en danger.
[Édité par Anne-Sophie Gayet & Théo Bourgery-Gonse]