"Une crise de plus en plus européenne"

Alors que les États-Unis sont souvent décrits comme l’épicentre de la crise économique, l’économiste Jean Pisani Ferry livre son analyse des événements dont l’Europe serait la grande perdante.

Alors que les États-Unis sont souvent décrits comme l’épicentre de la crise économique, l’économiste Jean Pisani Ferry livre son analyse des événements dont l’Europe serait la grande perdante.

Il y a dix-huit mois, la crise née des crédits subprime était à l’évidence américaine, et l’on débattait de ses effets sur le reste du monde. Au fil des mois, pourtant, elle est devenue de plus en plus européenne. Qu’on en juge :

1. Depuis son dernier point haut, la production industrielle a baissé de 18% dans la zone euro, contre 13% aux États-Unis. Pour l’ensemble de l’année 2009, le FMI prévoyait en avril 2008 0,6% de croissance aux États-Unis et 1,2% dans la zone euro. Aujourd’hui il attend une baisse de 2,8% du PIB aux États-Unis, mais dans la zone euro une baisse encore plus importante, de 4,2%. Les autres prévisions récentes sont de la même eau.

2. Au sein de la zone euro, l’Espagne et l’Irlande sont aux prises avec une dépression immobilière, doublée dans le cas de l’Irlande d’une débâcle bancaire. L’an prochain, le taux de chômage atteindra 20% en Espagne. Les taux d’intérêt sur les emprunts d’État, qui étaient sensiblement les mêmes partout, se sont écartés les uns des autres. La Grèce, connue pour sa gestion négligente des finances publiques, et l’Irlande, dont la dette publique va tripler en trois ans, empruntent à 200 points de base (deux points de taux d’intérêt) au-dessus de l’Allemagne. Dans ces conditions la question n’est plus si une crise de financement d’un État de la zone euro est possible, mais qui, du FMI ou de ses partenaires, lui viendra en aide le cas échéant.

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