Revendiquer le leadership européen en matière de Changement Climatique

Dans une analyse publiée par EURACTIV.fr dans le cadre de son Livre jaune sur les attentes des parties prenantes pour la future Commission, ECF (European Climate Foundation) plaide pour que l’UE adopte une politique climatique plus ambitieuse et se réaproprie ainsi son role de leader en la matière

Dans une analyse publiée par EURACTIV.fr dans le cadre de son Livre jaune sur les attentes des parties prenantes pour la future Commission, ECF (European Climate Foundation) plaide pour que l’UE adopte une politique climatique plus ambitieuse et se réaproprie ainsi son role de leader en la matière

L’UE a été une pionnière dans la lutte contre le changement climatique durant plus d’une décennie. Ses propositions de 2007 et la mise en place du système d’échange de droits d’émission (Emission Trading System, ETS) ont véritablement posé les jalons des négociations internationales menant à Copenhague.

Durant les derniers mois, les propositions d’autres acteurs de poids tels que la Chine, l’Inde ou encore le Japon semblent pourtant désormais dicter l’agenda en cette période précédant le Sommet.

Reprendre l’initiative

Pour limiter l’augmentation globale de la température moyenne en dessous de 2 C° – au-delà de laquelle nos sociétés seraient menacées, – l’UE doit reconquérir sa capacité d’initiative.

La probabilité d’atteindre cet objectif est de 40-60% si nous parvenons à stabiliser à long terme la concentration de gaz à effet de serre en dessous de 450 parties par million (ppm). Les actions proposées jusqu’à présent permettraient d’atteindre  un niveau de 550 ppm d’ici 20 ans, rendant le retour à niveau de 450 ppm extrêmement couteux voire  impossible.

Cependant, le changement climatique est un problème auquel il existe une solution, bénéfique en termes de croissance économique et de développement, à condition que des investissements en R&D, compétitivité, innovation et infrastructure soient réalisés.

Project Catalyst – une initiative de la fondation ClimateWorks – montre que le coût additionnel pour atteindre un niveau de 450 ppm est estimé à €130 milliards par année jusqu’en 2020, tandis que les subventions aux énergies fossiles s’élèvent à €215 milliards par an. Un tiers de ces investissements s’autofinanceraient grâce à la réduction de la consommation d’énergie, avec un retour sur investissement moyen d’environ 17%.

L’heure est venue pour une série de nouvelles initiatives de la part de l’UE :

Engagement unilatéral à une réduction des émissions de 30%  à l’horizon 2020

L’UE s’est déjà engagée à réduire ses émissions de CO2 de 20% d’ici 2020, avec la possibilité d’élever par un accord international cet objectif à 30%, et d’au moins 80% d’ici 2050. En s’engageant à réduire unilatéralement ses émissions de 30% par rapport à 1990, l’UE œuvrerait dans son propre intérêt tout en se repositionnant en leader.

Des objectifs légalement contraignants en matière d’efficacité énergétique

L’UE devrait s’imposer des objectifs légalement contraignants en matière d’efficacité énergétique. Elle devrait également réviser la directive sur la Performance Energétique des Bâtiments, accélérer l’application de mesures en matière d’efficacité énergétique aux bâtiments existants, et mettre en place des standards de performance énergétique minimum obligatoires.

Entraîner la décarbonisation du secteur électrique pour 2050

La Commission européenne publiera en 2010 sa vision d’une économie pour 2050 où les émissions auront diminué de 60-80% par rapport à 1990. Un plan de route en vue de la décarbonisation totale du secteur électrique, notamment grâce à l’expansion des énergies renouvelable devrait être adopté.

Augmenter le plafond du système européen d’échange de droits d’émission

Cela entrainerait plus d’efficacité pour et d’investissement par l’industrie, et génèrerait de la demande pour les crédits carbone en provenance des pays en voie de développement.

Mettre un terme à l’ère européenne des centrales à charbon sans séquestration carbonique

Il faudrait que des standards émissions-performance pour les nouvelles centrales électriques, garantissant des niveaux de référence minimums en matière d’efficacité énergétique, ainsi que des régulations imposant aux investissements dans les énergies fossiles d’intégrer la séquestration et le stockage du carbone, soient mis en place.

Favoriser les véhicules à faibles émissions de CO2

Des standards plus stricts pour les véhicules et des incitations financières favorisant les voitures à faibles émissions œuvreraient en ce sens.

Une économie verte est une économie à forte croissance, et ces initiatives vont contribuer à la transition européenne vers un futur plus prospère et une croissance plus durable. Elles devraient être au cœur d’une stratégie post Lisbonne pour la croissance économique, permettant à l’Europe de préparer son avenir.