Régulation financière européenne : où en est-on ?
Dans une analyse publiée par Telos, l’économiste Nicolas Véron souligne l’importance des nouvelles autorités de surveillance financière européennes et s’interroge sur la future législation qu’elles feront appliquer.
Dans une analyse publiée par Telos, l’économiste Nicolas Véron souligne l’importance des nouvelles autorités de surveillance financière européennes et s’interroge sur la future législation qu’elles feront appliquer.
Plus encore que d’autres domaines de politique économique, la régulation financière prête facilement à confusion. Parce que la plupart des économistes l’ont longtemps délaissée, elle manque de fondements analytiques et empiriques solides. Parce qu’elle affecte directement les acteurs d’un secteur financier riche et influent, elle est soumise en permanence à un lobbying intense qui nuit à la clarté des débats. Et parce qu’elle s’applique à des activités souvent hyperspécialisées et concentrées géographiquement, ses tenants et aboutissants sont largement impénétrables pour le commun des mortels.
Cette confusion est particulièrement forte en Europe où, pour des raisons historiques qui remontent à loin, la culture financière est en général moins développée qu’aux États-Unis, qu’il s’agisse du grand public, des responsables politiques, des médias et même du monde des affaires. Seuls le Royaume-Uni et dans une moindre mesure les Pays-Bas font exception, du fait de leurs longues traditions de centres financiers internationaux. Par ailleurs, les débats, dans ce domaine comme ailleurs, sont rendus plus complexes par l’interaction entre le niveau national et le niveau européen et par la diversité des traditions et des structures juridiques et institutionnelles d’un pays à l’autre.
Ces facteurs contribuent à expliquer l’étonnante diversité des discours tenus sur la réponse européenne à la crise, selon le point de vue adopté. L’Europe a-t-elle une approche cohérente, ou est-elle paralysée par les divergences entre États membres ? Est-elle à la traîne derrière les États-Unis, ou en avance sur ceux-ci ? Est-elle la garante d’une coordination internationale efficace, comme nos dirigeants nous le répètent à chaque sommet du G20, ou au contraire gagnée par un protectionnisme financier rampant ? Et par-dessus tout, a-t-elle résolu ou non sa crise financière ?