Printemps arabe : des Européens sans Europe
Selon le fondateur du think-tank Telos et directeur de recherches à l’Institut d’études politiques de Paris Zaki Laïdi les États sont présents auprès des pays de la Méditerranée qui ont fait leur révolution. Mais l’UE peine à faire entendre une réponse collective.
Selon le fondateur du think-tank Telos et directeur de recherches à l’Institut d’études politiques de Paris Zaki Laïdi les États sont présents auprès des pays de la Méditerranée qui ont fait leur révolution. Mais l’UE peine à faire entendre une réponse collective.
Il y a six mois commençait à Tunis le printemps arabe. C’est un événement géopolitique majeur, s’apparentant beaucoup au printemps des peuples européens de 1848 : des révolutions sans leader, des revendications centrées autour du respect des libertés individuelles et collectives, une influence décisive des couches urbaines, la puissance de la contagion et… de la contre-révolution.
Beaucoup d’observateurs y ont vu un enjeu géopolitique qui concernait d’abord et avant tout l’Europe, pour des raisons géographiques et historiques évidentes. Les États-Unis sont très présents mais, pour des raisons de politique intérieure, ils cherchent à donner l’impression de ne pas trop s’y impliquer. Pourtant, dans l’engagement de l’Europe il y a un immense paradoxe : les Européens sont bien présents, mais l’UE est totalement absente.