Pour des politiques européennes articulant régulation financière, dynamisme économique et dimension sociale
Dans une tribune publiée dans le Livre jaune d’EURACTIV.fr sur les attentes des parties prenantes pour la prochaine mandature de la Commission européenne, la CFDT insiste sur le rôle de l’Europe dans la sortie de crise et sur la nécessité de mener des politiques coordonnées à tous les niveaux.
Dans une tribune publiée dans le Livre jaune d’EURACTIV.fr sur les attentes des parties prenantes pour la prochaine mandature de la Commission européenne, la CFDT insiste sur le rôle de l’Europe dans la sortie de crise et sur la nécessité de mener des politiques coordonnées à tous les niveaux.
Le mandat de l’Union européenne débute alors que la crise sociale liée à la crise financière et économique poursuit ses effets dévastateurs sur le terrain de l’emploi et des revenu. Par ailleurs, les salariés européens doutent de la volonté et de la capacité de l’Europe d’être cette Europe porteuse de valeurs, de progrès social qu’ils espèrent.
En d’autres termes, comment la période 2009-2014 peut-elle redonner sens à la solidarité qui unit les travailleurs européens dans un même destin ?
Depuis le début de la crise, l’Union européenne a eu bien du mal à se projeter au-delà des intérêts particuliers de ses membres. Elle s’est limitée à proposer un catalogue de propositions générales où chaque État vient puiser comme bon lui semble. Au sein de la zone euro, les endettements publics ont fait exploser les critères de stabilité.
En dépit de plans de relance nationaux, de mesures de chômage partiel…, beaucoup de salariés de l’Union ont vu leur situation se dégrader, leur pouvoir d’achat baisser… alors que souvent le chômage progressait fortement.
Dans un tel contexte et face aux incertitudes de ce que sera la sortie de crise et la place future de l’Europe dans le monde, les risques de replis nationaux ne sont pas à sous-évaluer.
La réponse européenne à toutes ces crises
Donner du sens à la construction européenne et à son action dans cette période passe par le développement de politiques articulant la régulation financière et fiscale, le dynamisme économique et industriel, et une dimension sociale affirmée.
La crise financière a fini par convaincre de l’utilité d’une gouvernance de la sphère financière. Au-delà de ce que l’Europe peut faire avancer dans le cadre du G20, elle doit mettre en place dans son espace ce qui ne peut encore être fait à l’échelle mondiale. Elle doit aussi franchir des étapes d’harmonisation de la fiscalité et de l’épargne pour mettre un terme à la concurrence entre les pays de l’Union. Par ailleurs, la levée du secret bancaire doit être totale en Europe.
En second lieu, l’Europe doit encourager des politiques économiques et industrielles permettant de relever les défis du développement durable, d’atteindre les objectifs du paquet énergie-climat, de concrétiser dans les domaines de l’énergie, des transports, de la santé…, les enjeux que la stratégie de Lisbonne avait posés et qui restent d’actualité.
En troisième lieu, l’Union européenne doit s’engager sur le terrain de l’Europe sociale en affirmant méthode et objectifs.
La méthode et les objectifs face à la crise sociale
La méthode, c’est celle du dialogue social (interprofessionnel, sectoriel, d’entreprise européenne). C’est le moyen de retrouver une performance économique basée sur l’implication des salariés et les coopérations des différentes parties prenantes, en mettant au premier plan les intérêts de moyen et de long terme des entreprises et de nos sociétés. Il faut inventer une nouvelle gouvernance de l’entreprise en Europe.
Les objectifs : accompagner les salariés dans ces mutations importantes de nos économies qui vont se traduire par la poursuite des restructurations, l’apparition de nouveaux métiers, le besoin de nouvelles compétences.
Les efforts à faire en matière de formation et d’aide aux mobilités sont considérables. Gérer les mutations et les restructurations dans le respect des individus en donnant à chacun des perspectives d’avenir oblige à des changements de comportement très conséquents.
Prendre au sérieux ces enjeux devrait conduire la Commission européenne et les partenaires sociaux à décider d’un nouvel agenda. Il ne s’agit pas de tout réinventer.
Ainsi le Fonds européen d’ajustement à la mondialisation peut voir sa mission, ses moyens et ses règles d’intervention élargis. Les comités de dialogue sectoriel peuvent être mobilisés pour associer les partenaires sociaux aux décisions d’intervention, avec, comme objectifs opérationnels :
- L’aide aux dispositifs de soutien aux salariés privés d’emploi,
- Le soutien aux mesures de reconversion professionnelle en cas de restructuration industrielle,
- La formation des salariés à des nouveaux métiers, en priorité pour les salariés privés d’emploi, pour les précaires et les peu qualifiés,
- L’appui au volet social des politiques d’emploi (formation, gestion des compétences, aide à la création d’entreprise, …).
Une telle action ne devra pas rester connue des seuls cercles impliqués dans sa mise en œuvre. Il est important de mener en parallèle une politique de communication sur l’investissement de l’Union dans ce domaine, pour montrer qu’elle joue un rôle social et que, dans le même temps, elle prépare l’avenir économique.
C’est ainsi que les salariés comprendront l’intérêt d’une action au niveau européen, avec des effets positifs concrets sur leur vie quotidienne.