Les pays de la CEI sur la voie de la transition: un succès en demi-teinte pour le programme TACIS
Cette étude dresse un bilan contrasté du programme TACIS, pointant du doigt les principales erreurs commises au cours des phases de conception et de mise en oeuvre du programme. L'auteur prône une redéfinition radicale des objectifs stratégiques et des instruments du programme TACIS.
Cette étude dresse un bilan contrasté du programme TACIS, pointant du doigt les principales erreurs commises au cours des phases de conception et de mise en oeuvre du programme. L’auteur prône une redéfinition radicale des objectifs stratégiques et des instruments du programme TACIS.
Présentation :
L’objet de cette étude d’Adriana Szczesna consiste à dresser un bilan du programme TACIS treize ans après le début de sa mise en oeuvre. Dans son introduction l’auteur rappelle quels étaient les objectifs initiaux du programme, et comment ceux-ci purent être amenés à évoluer d’un règlement TACIS à l’autre (il y en eut trois en tout). Se basant à la fois sur des données économiques et des indicateurs sociaux, Adriana Szczesna montre le coût très élevé que durent payer les 13 Etats concernés par le programme TACIS lors de la phase de transition de leurs économies – celles-ci passant du statut d’économies planifiées à celui d’économies de marché.
L’étude se compose de trois parties. La première décrit la phase de transition vers l’économie de marché traversée par les pays du programme TACIS, et souligne notamment le rôle-moteur joué par le FMI – à une époque où cette institution était le fer e lance des efforts de mise en application du Consensus de Washington. L’auteur insiste sur le caractère injuste et fondamentalement inefficace du processus de privatisation. La plupart des entreprises d’Etat furent ainsi privatisées avant d’avoir été restructurées, et finirent entre les mains de leurs anciens dirigeants, devenus les nouveaux oligarques. Adriana Szczesna s’attarde également sur les effets négatifs de l’ouverture des marchés financiers en l’absence d’un cadre réglementaire approprié. La Russie et de nombreux autres pays du programme TACIS devinrent exportateurs de capitaux, une anomalie (et un lourd handicap) pour des économies traversant un période de restructuration majeure. L’auteur aborde également l’impact des programmes de transition sur la pauvreté et les inégalités sociales.
Dans la seconde partie de son étude, Adriana Szczesna se demande si le programme TACIS n’aurait pas eu pour conséquence de faire durer le processus de transition au-delà du nécessaire. Elle montre à quel point des programmes d’assistance technique conçus à l’origine pour des pays en voie de développement se révélèrent inadaptés aux besoins des économies et des sociétés des pays de l’ex-URSS. Elle critique l’approche ayant abouti à allouer beaucoup plus de ressources au secteur énergétique qu’aux services sociaux. L’auteur montre également que la mise en oeuvre du programme a souffert de la faiblesse des ressources humaines qui lui étaient allouées, ce qui s’est notamment traduit par des délais considérables – notamment pour le paiement des fournisseurs et des prestataires de services. Enfin, Adriana Szczesna s’interroge sur les raisons ayant poussé les concepteurs de TACIS à doter le programme d’un mode de fonctionnement extrêmement centralisé, avec toutes les conséquences prévisibles que ce type d’organisation pouvait avoir. Elle pointe notamment du doigt le niveau des honoraires payés aux différents consultants impliqués, et se demande si les transferts de compétences n’auraient pas pu être effectués d’une façon moins coûteuse.
La troisième partie de l’étude se penche sur l’avenir du programme TACIS. L’auteur suggère notamment que le programme soit dans l’avenir moins axée sur l’assistance technique, et que son volet « investissements » soit davantage développé ; elle se demande également dans quelle mesure le programme pourrait être considéré comme un instrument des accords de partenariats qui ont été conclus avec l’ensemble des pays bénéficiaires (à l’exception du Tadjikistan). Adriana Szczesna met par ailleurs en évidence la façon dont le programme a été très largement orienté au profit des secteurs de l’énergie et des matières premières, ainsi que la distribution très inégalitaire des fonds alloués (que l’on prenne en considération le critère du revenu par habitant ou celui de la répartition géographique – le Caucase et les régions les plus proches de l’UE élargie ayant été les mieux servis). Elle prône en fait un changement radical des objectifs stratégiques du programme TACIS, plaidant en faveur d’un programme accordant davantage d’importance aux domaines politiques et sociaux. Elle recommande également une réévaluation de grande ampleur des processus d’évaluation, de telle sorte que le programme puisse plus facilement être amendé sur la base d’évaluations intervenant précocément dans la phase de mise en oeuvre. Elle plaide enfin pour davantage de transparence, ce qui pourrait être obtenu par la diffusion auprès du public des publications et des rapports d’évaluation produits dans le cadre du programme.
Pour lire l’intégralité de l’étude, voir le site deNotre Europe.