Le système de santé dans les PECO
Ce dossier de Mission économique pour l'élargissement offre une analyse comparative des différents systèmes de santé dans les pays adhérents à l'UE, ainsi que des synthèses chiffrés pour chaque pays.
Ce dossier de Mission économique pour l’élargissement offre une analyse comparative des différents systèmes de santé dans les pays adhérents à l’UE, ainsi que des synthèses chiffrés pour chaque pays.
Longtemps retardées dans les PECO, les réformes du système de santé deviennent prioritaires sur l’agenda politique à la veille de l’adhésion.
- L’offre de soins reste inadaptée
Aujourd’hui, les systèmes de santé conservent des stigmates de l’ancien système centralisé, fondé sur la gratuité des soins et qui se caractérisait à la fois par la forte densité du réseau et des sureffectifs dans les hôpitaux :
- En dépit d’une hausse des budgets, le financement reste sous pression
- Après avoir subi un sévère ajustement au début de la transition, les budgets consacrés à la santé ont progressé nettement dans la plupart des pays. En R. tchèque et en Slovénie, pays où les indicateurs de santé sont les mieux orientés, ils se rapprochent, relativement à la richesse produite, des niveaux ouest européens. En Pologne et en Hongrie, les dépenses de nature privée se sont développées très tôt. Celles-ci restent marginales en Slovaquie et R. tchèque, où la part des financements par assurance privée ou versements directs est de 10% à peine (contre 25% dans les pays de l’Union). Dans les pays les plus pauvres (Bulgarie et Roumanie, où la situation sanitaire reste très dégradée, en Lettonie et Lituanie), les dépenses publiques de santé demeurent faibles.
- Les premières réformes n’ont pas réussi à accroître la responsabilisation et les incitations à limiter les coûts. Des systèmes de mise en concurrence de caisses privées ou régionales ont été instaurés (R. tchèque, Pologne, Slovaquie), mais les caisses négocient les prix avec les prestataires de services, alors que les consommateurs déterminent la demande sans en assumer le coût direct. De même, le mouvement de décentralisation de la gestion des hôpitaux (Pologne, Hongrie, Estonie, République tchèque) a reporté la contrainte financière sur les collectivités locales. Enfin, les dépenses de médicament ont connu une forte expansion (+ de 10% par an en R. tchèque sur la période récente). En Pologne, leur part dans les dépenses de santé a augmenté de 23% en 1994 à 29,5% en 1999 (contre 17% au Royaume-Uni et 13% en Allemagne).
- La pression sur le financement du système de santé, appelée à s’accroître compte tenu de l’évolution démographique défavorable et de la nécessité de renouveler les investissements, rend la réforme plus urgente. Bien entamée en Slovaquie, avec l’instauration du ticket modérateur et d’une nouvelle grille pour le remboursement des actes médicaux, elle s’impose en Pologne, après l’annulation par le Conseil Constitutionnel de la précédente loi, ainsi qu’en R. tchèque et en Hongrie dans un contexte de dérives des finances publiques.
Nombre de lits d’hôpitaux et de médecins pour 100.000 habitants (2001) et nombre de visites annuelles chez un médecin (2000)
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|
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BU |
699 |
334 |
5,4 |
|
CZ |
1096 |
378 |
14,5 |
|
EST |
670 |
313 |
6,3 |
|
HU |
806 |
293 |
14,7 |
|
LET |
518 |
296 |
4,9 |
|
LIT |
869 |
380 |
6,6 |
|
POL |
718 |
224 |
5,4 |
|
RO |
749 |
189 |
6,4 |
|
SK |
767 |
334 |
16,4 |
|
SLV |
533 |
227 |
7,4 |
|
UE-15 |
660 |
390 |
5,8 |
Source : Eurostat
Dépenses de santé totales et publiques en % PIB (2001) et par habitant en USD PPA (2000)
|
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|
|
|
|
BU |
4,2 |
4,0 |
– |
|
CZ |
7,3 |
6,7 |
1106 |
|
EST |
5,5 |
4,3 |
594** |
|
HU |
6,8 |
5,1 |
911 |
|
LET |
4,8 |
3,4 |
338** |
|
LIT |
5,7 |
4,0 |
426** |
|
POL |
6,2 |
4,4 |
558** |
|
RO |
4,5 |
4,5* |
272** |
|
SK |
5,7 |
5,1 |
682 |
|
SLV |
8,5 |
7,1 |
1389** |
|
UE-15 |
8,5 |
6,3 |
2230,6 |
|
FR |
9,5 |
7,2 |
– |
|
GRE |
9,4 |
5,2 |
– |
Source : OMS, OCDE
*1999
** 2000
Pour lire le rapport complet et consulter les synthèses par pays, voir lesite de la DREE.