Le modèle allemand est mité
Dans cette analyse, publiée par Telos, Charles Wyplosz, professeur d’économie à l’Institut des hautes études internationales et du développement de Genève, explique que l’Allemagne a tout à perdre à un éclatement de la zone euro mais que son niveau d’endettement public élevé et la fragilité de ses banques ne lui permettent pas de se mettre en porte-à-faux vis-à-vis des marchés.
Dans cette analyse, publiée par Telos, Charles Wyplosz, professeur d’économie à l’Institut des hautes études internationales et du développement de Genève, explique que l’Allemagne a tout à perdre à un éclatement de la zone euro mais que son niveau d’endettement public élevé et la fragilité de ses banques ne lui permettent pas de se mettre en porte-à-faux vis-à-vis des marchés.
Des deux côtés du Rhin, il est admis que, en ce qui concerne la discipline budgétaire, l’Allemagne est vertueuse et la France frivole. Cette vision a le mérite de conforter les préjugés ethniques qui servent de mode de raisonnement, mais elle a l’inconvénient de ne pas correspondre à la réalité. Si l’on classe les 27 pays de l’Union Européenne en fonction de la taille de leur dette publique (en pourcentage du PIB), l’Allemagne occupe la 8e position, juste derrière la Grande-Bretagne et la France, mais ces trois pays arrivent dans un mouchoir de poche.
Ils sont effectivement ex æquo en 6e position. Depuis quarante ans, les dettes publiques de la France et de l’Allemagne ont considérablement augmenté et ont presque toujours été pratiquement égales. Contrairement aux préjugés ethniques, les Allemands parlent beaucoup de leur vertu et les Français s’autoflagellent.
Ce n’est pas nouveau, donc, et ça continue. La plupart des pays de la zone euro sont entrés en récession, très largement parce que leurs gouvernements ont adopté des politiques d’austérité au moment où il fallait soutenir l’activité. Un pays semble faire de la résistance dans ce paysage déprimant, l’Allemagne.
C’est, semble-t-il, le seul pays de la zone euro qui n’envisage pas de faire de l’austérité et qui pourrait même soutenir l’activité. Contrairement à son collègue français, Angela Merkel semble avoir noté qu’elle aura des élections l’an prochain et elle pense sans doute qu’une montée rapide du chômage est le meilleur moyen de les perdre. Les socialistes allemands ont de quoi envier leurs collègues français.