Le discours d'Olaf Scholz sonne le début de la campagne électorale européenne

Alors que le discours du chancelier allemand Olaf Scholz devant le Parlement européen aurait pu être l’un des événements les plus mémorables de son mandat, nous avons eu droit à un débat sur le manque d’ambition du gouvernement allemand. C'est donc officiel : les élections européennes a commencé.

EURACTIV Allemagne
EU Parliament plenary session
Le chancelier allemand Olaf Scholz s'exprime lors du débat "This is Europe" au Parlement européen à Strasbourg, France, le 9 mai 2023. [EPA-EFE/JULIEN WARNAND]

Alors que le discours du chancelier allemand Olaf Scholz devant le Parlement européen aurait pu être l’un des événements les plus mémorables de son mandat, nous avons eu droit à un débat houleux sur le manque d’ambition du gouvernement allemand. C’est donc officiel : les élections européennes a commencé.

Il est probable que M. Scholz ait imaginé son apparition au Parlement européen mardi (9 mai) de manière très différente : des applaudissements frénétiques et une foule de législateurs enthousiastes qui le félicitaient pour son programme de réformes. C’est exactement la réaction qu’a eu son collègue Emmanuel Macron lors de son premier discours à Strasbourg en 2018.

Mais au lieu de cela, M. Scholz a reçu une cascade d’attaques et d’allégations de la part de presque toutes les factions politiques, à l’exception de la sienne, les socialistes européens.

Bien qu’il ait tenté de présenter le Parlement européen comme « une force motrice et un allié », les réponses n’ont pas été tout à fait aussi touchantes.

« Nous n’avons plus besoin de discours d’ouverture. Nous avons maintenant besoin de courage pour mener l’Europe vers l’avenir », a déclaré le chef du Parti populaire européen (PPE), Manfred Weber, à propos de M. Scholz.

Les Verts, qui forment une coalition avec le Parti social-démocrate (SPD) de M. Scholz en Allemagne, ont été encore plus clair : « l’image d’une chancelière qui tient ses promesses s’est malheureusement estompée ces derniers mois ». Terry Reintke, coprésidente des Verts européens.

« Je suis ici, Monsieur le Chancelier, parce que je veux faire appel à vous. Je veux faire appel à vous parce que je veux vous voir vous battre pour l’Europe. Parce que nous avons besoin d’un chancelier allemand qui pense européen et qui montre la voie », a-t-elle ajouté.

Même la réponse de Renew Europe, le parti auquel appartient le prétendu ami de M. Scholz, M. Macron, n’a pas été aussi amicale que ce à quoi beaucoup se seraient attendus. Si Stéphane Séjourné, ancien conseiller de Macron et chef du groupe Renew, a fait l’éloge du gouvernement allemand, c’est parce qu’il s’agit de « politiques qui viennent du Parti libéral-démocrate (FDP) », le partenaire libéral de M. Scholz au sein de la coalition.

Le discours de M. Scholz n’a pas réellement ajouté beaucoup de saveur au débat sur la réforme de l’UE. Il s’agit plutôt d’une réitération de positions déjà connues. Toutefois, il semble avoir donné le coup d’envoi de la campagne pour les élections européennes qui auront lieu dans un an exactement, en mai 2024.