L’union pour la Méditerranée, un an après
Le processus lancé par la France au début de sa présidence de l’UE n’affiche pas un satisfecit plein et entier, estiment plusieurs chercheurs de l’Iris.
Le processus lancé par la France au début de sa présidence de l’UE n’affiche pas un satisfecit plein et entier, estiment plusieurs chercheurs de l’Iris.
Sur son site affaires-strategiques.info, l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris) publie un dossier pour dresser un premier bilan de l’Union pour la Méditerranée, un an après son lancement à Paris.
«On demeure bien loin de pouvoir afficher un satisfecit plein et entier devant [les évolutions générales de l’UPM]», expliquent le directeur adjoint de l’institut Didier Billion, et le chercheur Barah Mikaïl. Même si le projet comporte des aspects positifs, «on était aussi en droit de s’attendre à des évolutions plus significatives», soulignent-ils.
Didier Billion estime notamment que les difficultés auxquelles fait face l’UPM sont avant tout politiques, et non pas techniques, malgré l’ampleur des projets engagés (dépollution de la Méditerranée, autoroutes de la mer, plan solaire,…). «Elles nous ramènent irrésistiblement à la centralité du conflit israélo-palestinien», écrit le chercheur, qui estime par exemple que l’incapacité de l’UPM à désigner un secrétaire général et surtout le manque de souffle de cet ambitieux projet montre les limites de l’exercice.
Evoquant de récentes réunions, dont celle des ministres de l’Environnement des 43 pays, qui s’est tenue fin juin à Paris, le chercheur estime qu’«il est encore trop tôt pour considérer que c’est un nouveau départ pour l’UPM».
De son côté, le chercheur à l’Iris Barah Mikaïl estime que «la faveur des Arabes ne va en rien à la consolidation de l’UPM». «Le pourrissement de la situation israélo-palestinienne incarne toujours aussi bien un facteur majeur apte à être approprié par les gouvernements cherchant à pointer l’existence de « contradictions occidentales »», ajoute-t-il.
Aussi, selon lui, les opinions publiques arabes ne voient-elles à travers l’UPM qu’un «OVNI qu’ils perçoivent –à tort ou à raison– comme la seule expression d’un Occident cherchant à se donner bonne conscience en créant l’illusion d’un engagement fort et vertueux sans pour autant que ce sentiment soit franc».
Cliquer ici pour lire le dossier dans son intégralité.