L’Union européenne et le défi de la réduction des budgets de défense

A l’heure des réductions budgétaires, le directeur adjoint de l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS) Jean-Pierre Maulny examine les modalités et les conséquences de coupes dans le domaine de la défense.

A l’heure des réductions budgétaires, le directeur adjoint de l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS) Jean-Pierre Maulny examine les modalités et les conséquences de coupes dans le domaine de la défense.

Durant les prochaines années les budgets de défense des pays de l’Union européenne devraient être réduits drastiquement du fait de la crise économique et de la nécessité de résorber les déficits publics. L’ampleur des réductions et le fait que tous les pays soient touchés au même moment impliquent que les États coordonnent leurs réponses.

Dans le budget d’un État, la défense est le seul poste où les dépenses d’investissement constituent une part considérable pouvant aller jusqu’à plus d’un tiers du budget du ministère comme c’est le cas en France. Autant dire que pour les ministères de l’Économie et des Finances, le budget de la défense est donc généralement une cible privilégiée lorsqu’il faut baisser les dépenses publiques, car des économies peuvent être réalisées rapidement en diminuant sensiblement les dépenses d’équipement.

Cela présente l’avantage de ne pas susciter de levée de boucliers des syndicats ou d’indignation de l’opinion publique. Ainsi, pour les responsables politiques, la tentation peut être grande de réduire les dépenses de défense : les effets en termes d’emploi dans l’industrie sont indirects, car ce sont les entreprises dedéfense et non l’État, qui procèdent aux licenciements. C’est donc politiquement indolore. 

Diminuer les budgets de défense est donc une tentation pour les politiques, d’autant plus que la première vague de réduction des budgets de défense qui eut lieu après la chute du mur de Berlin n’avait pas provoqué de protestation majeure.