L'industrie pharmaceutique des PECO
L’industrie pharmaceutique des PECO
- Avec des ventes de 11,3 Mds USD en 2002, le marché du médicament dans les PECO ne représente qu’une faible part du total mondial du secteur (430 Mds USD selon l’institut IMS, dont 91 Mds pour l’UE). Les PECO apparaissent cependant comme 1/ l’une des zones les plus dynamiques avec une croissance des ventes de +8% en 2002, en ligne avec l’UE (+9%) et les Etats-Unis (+12%), à comparer au Japon (+1%) ou à l’Amérique Latine (- 10%) ; 2/ au fort potentiel de croissance. Les PECO devraient en effet connaître à la fois un vieillissement de leur population (prévue par la BIRD en réduction de -0,2% sur 1999-2015) et un rattrapage des niveaux de vie, ces deux phénomènes constituant les déterminants de la demande de médicament.
- L’industrie du médicament dans les PECO a été quasi-totalement privatisée (à l’exception de la Pologne) et a fait l’objet de nombreux rachats par des entreprises étrangères. Pour autant, des entreprises héritières de l’avanttransition (en particulier le hongrois GedeonRichter, les slovènes Lek et Krka) sont parvenues, non seulement à conserver une place importante sur leurs marchés nationaux mais également à maintenir des flux d’exportation à destination des autres pays de la zone et vers la CEI (qui absorbe déjà entre le quart et le tiers de la production pharmaceutique des PECO).
Deux causes apparaissent à l’origine de cette résilience des acteurs locaux : 1/ leur connaissance des marchés d’Europe centrale et l’appréciation positive par les consommateurs des marques de la région ; 2/ le coût plus faible des médicaments produits et qui y rencontrent plus aisément le pouvoir d’achat des populations. La part de marché des médicaments locaux est d’ailleurs optiquement réduite par l’effet-prix : les médicaments produits en Pologne ne représentent ainsi que 38% de la valeur des ventes mais 70% du nombre d’unités vendues (cf. tableau ci-contre).
L’essentiel de la production dans la zone est en effet constituée de produits génériques : les coûts de R&D en particulier (mais également les frais d’enregistrement et de marketing) étaient donc au total relativement faibles jusqu’à présent dans la région. En 2001, les génériques ont par exemple représenté 70% des ventes de GedeonRichter, contre seulement 18% pour les produits issus de sa propre R&D.
- L’adhésion à l’UE devrait permettre de favoriser la poursuite de la convergence entre les industries pharmaceutiques occidentales et celles des PECO. Les pays candidats doivent en particulier obtenir des autorisations de mise sur le marché pour l’ensemble de leur production de médicaments. Des périodes transitoires ont cependant été accordées notamment à la Pologne (qui a jusqu’en janvier 2009 pour faire valider ses 10.000 produits en circulation) et à la Slovénie (jusqu’en janvier 2008).
Le « deadline » de l’adhésion oblige également l’industrie pharmaceutique des PECO à l’application effective des accords de l’OMC en matière d’aspects de la propriété intellectuelle liés au commerce (accords TRIPS). Les pays candidats devront ainsi 1/ abandonner l’usage des simples brevets de procédés de fabrication (process patents) et passer aux plus restrictifs brevets de produits (product patents) ; 2/ adopter des dispositions légales (dites « supplementary protection certificates ») qui permettent de rallonger les périodes de protection ; 3/ supprimer les dispositions (dites « Bolar provisions ») qui autorisent le test de génériques avant l’échéance de la protection, etc.
Le coût pour les firmes de la zone de cette mise à niveau de la production devrait être important ; la résistance des entreprises locales aux « global players » pharmaceutiques pourrait ainsi s’en trouver affaiblie. Le développement de leurs activités en CEI devrait dans tous les cas continuer de constituer des perspectives commerciales importantes pour l’industrie pharmaceutique des PECO.
Pour plus d’information sur cette analyse (Revue Elargissement No. 40 – 3 Mars 2003), les tableaux pertinents ou d’autres analyses, consultez le
site internet élargissement de la Direction des relations économiques extérieures (DREE).