Energies renouvelables : la législation européenne adoptée, son application locale est désormais prioritaire

Dans une tribune publiée dans le cadre du Livre jaune d’EURACTIV.fr sur les attentes des parties prenantes pour la prochaine mandature de la Commission, Vestas détaille les avantages de l’énergie éolienne. L’entreprise insiste également sur la nécessité pour les États membres de détailler la contribution de chaque filière renouvelable à la lutte contre le changement climatique.

Dans une tribune publiée dans le cadre du Livre jaune d’EURACTIV.fr sur les attentes des parties prenantes pour la prochaine mandature de la Commission, Vestas détaille les avantages de l’énergie éolienne. L’entreprise insiste également sur la nécessité pour les États membres de détailler la contribution de chaque filière renouvelable à la lutte contre le changement climatique.

Depuis plusieurs années, les alertes climatiques se multiplient  : le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) estime que le réchauffement climatique a atteint 0,74°C sur la période 1906–2005, et l’on sait depuis le rapport Stern que les dangers qu’encourent nos écosystèmes et la biodiversité pourraient se doubler d’un coût financier au moins équivalent à 5% du PIB mondial chaque année.

S’il est temps d’inverser la tendance, il faut saluer ici l’action de l’Union européenne  : le paquet énergie-climat témoigne d’un volontarisme inédit en matière de politique énergétique.

Adoptée dans ce cadre, la directive 2009/28/CE marque une avancée majeure pour le développement des énergies renouvelables. Outre le fait de concourir à une réduction de nos émissions de gaz à effet de serre (GES), le développement de ces énergies participe aussi à notre indépendance énergétique  : rappelons que nous importons la moitié de l’énergie que nous consommons et que cette proportion pourrait atteindre 70% d’ici 20 ou 30 ans1.

Les réponses apportées par l’énergie éolienne

Face à ces enjeux écologiques, économiques et politiques, l’énergie éolienne apporte des réponses éminemment modernes.

C’est tout d’abord une énergie propre  :

Les 65 GW éoliens installés dans l’UE (soit près de 54% des 121 GW mondiaux) ont évité l’émission de 108 millions de tonnes de CO2 sur la seule année 2008, soit l’équivalent des rejets de 50 millions d’automobiles2.

C’est aussi une énergie immédiatement disponible, dont la mise en œuvre est rapide :

Avec 8 484 MW, l’éolien a devancé toutes les autres sources d’énergie en termes de puissance installée en 2008. Il fournit dès à présent 4,2% de la demande d’électricité de l’Union 2 et prouve qu’il est possible de réduire nos importations d’énergie.

C’est enfin une énergie prévisible et compétitive  :

Grâce aux données collectées en permanence sur des milliers de turbines dans le monde entier et à une R&D qui a multiplié par 100 la puissance de ses machines en 20 ans, un groupe comme Vestas démontre que la force du vent se maîtrise et que de multiples avancées technologiques sont encore possibles.

Ces atouts se traduisent dans les faits  : en 2008, le secteur a généré 142 milliards de kWh d’électricité et attiré 11 milliards d’euros d’investissements en Europe. Il représente 154 000 emplois2 et participe à l’aménagement – voire la revitalisation – de nos territoires. Ses principaux acteurs, pour la plupart européens, confèrent à l’Union un véritable leadership technologique.

Il faut cependant relativiser ces succès  : des efforts restent nécessaires pour que l’éolien contribue pleinement à l’objectif de 20% de renouvelables en 20203.

Les plans nationaux des États membres

Les États membres ont ainsi jusqu’au 30 juin 2010 pour remettre leurs plans d’actions nationaux. Essentiels pour favoriser les investissements –et donc la création d’emplois4– ces plans devront formuler des estimations détaillées des contributions de chaque filière et faciliter leur essor (procédures administratives, développement et disponibilité des infrastructures, etc.).

Il serait nécessaire que chaque État joue le jeu de ces plans en respectant un calendrier de puissance conforme aux échéances fixées. Les représentants du secteur éolien pourraient être associés à leur rédaction pour affiner avec réalisme les engagements pris.

Parallèlement, il est nécessaire que les États membres favorisent les projets propices aux énergies renouvelables. Tout d’abord financièrement, en soutenant des grands travaux, comme par exemple le réseau électrique offshore. Mais aussi juridiquement, en évitant d’entraver le déploiement des renouvelables sur le territoire, dans un cadre normatif déjà contraint.

Enfin, une partie des investissements des plans de relance doit s’orienter vers des projets de technologies expérimentales. Il s’agit par exemple de pousser la recherche dans le domaine du stockage d’énergie ou d’approfondir le développement des réseaux intelligents.

Assurer un cadre réglementaire clair et incitatif, veiller à la bonne application des décisions, favoriser l’émergence de projets porteurs  : si l’UE a de toute évidence pris la mesure des actions à mettre en place, il faut être sûr que l’action suive au niveau national. C’est à cette condition que l’Europe pourra se doter d’une véritable filière d’éco-industries, au bénéfice de tous ses États membres.

Nicolas WOLFF, directeur général de Vestas France

Notes  :

1 Source : Livre Vert de la Commission  : « Une stratégie européenne pour une énergie sûre, compétitive et durable » – 8 mars 2006.

2 Sources  : European Wind Energy Association (EWEA) et Global Wind Energy Council (GWEC).

3 Selon l’EWEA, la puissance installée en 2009 pourrait n’être que de 1% supérieure à celle de 2008.

 4 Le secteur éolien pourrait représenter plus de 375 000 emplois en 2030, selon le scénario de référence de l’EWEA.