Des technologies pour repousser le pic de production de pétrole [FR]

Deux experts de l'Institut français du pétrole (IFP) observent la situation résultant de l'augmentation des prix du pétrole tout en soutenant que paradoxalement, cette hausse crée également de nouvelles opportunités pour retarder le déclin de la production de pétrole. Cet article est extrait de l'édition de décembre 2006 du magazine "Energies" de Total. 

Deux experts de l’Institut français du pétrole (IFP) observent la situation résultant de l’augmentation des prix du pétrole tout en soutenant que paradoxalement, cette hausse crée également de nouvelles opportunités pour retarder le déclin de la production de pétrole. Cet article est extrait de l’édition de décembre 2006 du magazine « Energies » de Total. 

Dans l’édition de décembre 2006 de la publication « énergies » du géant pétrolier Total, Jean-Pierre Favennec et Nathalie Alazard-Toux expliquent qu’en raison de la montée des prix du pétrole, les pays consommateurs en Europe et les Etats-Unis cherchent à diversifier leurs sources d’approvisionnement et à réduire leur consommation à l’aide de mesures d’efficacité.

Cependant, si les investissements en exploration-production ont augmenté, ils n’ont pas suivi les prix du pétrole dans la proportion habituelle, observent les auteurs. Ils mettent en avant les raisons suivantes : 

  • Les acteurs du marché ont adopté une attitude attentiste et prudente, ne sachant pas si le problème perdurerait;
  • Avec l’augmentation des prix, on a assisté à un durcissement des conditions dans lesquelles sont établis les contrats de production et d’exploration;
  • Enfin, même là où la volonté d’investir existait, les acteurs se sont heurtés à une tension sur la disponibilité des moyens humains et techniques. 

Afin d’éviter de nouvelles crises de l’approvisionnement, et partant du principe que le pétrole continuera d’être une source énergétique importante dans un avenir prévisible, les auteurs soutiennent que de nouvelles ressources devront être mobilisées : 

  • Premièrement, en améliorant le taux de récupération du pétrole conventionnel qui est en moyenne de l’ordre de 30% mais qui varie entre 10 et 50% en fonction des techniques employées;
  • Ensuite, en trouvant de nouvelles techniques de détection telles que les outils numériques et la sismique 4D qui permettent d’identifier des gisements avec plus de précision; et,
  • Finalement, en explorant des ressources non-conventionnelles telles que les bruts extra-lourds et les sables asphaltiques, dont la quantité est estimée équivalente à celle des réserves de l’Arabie saoudite. 

Les auteurs soutiennent que l’objectif est de réduire la dépendance en pétrole dans un monde où les hydrocarbures se font rares et deviennent de plus en plus chers. Cependant le paradoxe voudrait que nous entrions dans l’âge d’or du pétrole, avec un prix du baril durablement élevé alors que les technologies exploration-production deviennent de plus en plus sophistiquées, ce qui conduira à l’exploitation des réserves auparavant inaccessibles.