Zone euro : pas d’accord avant trois jours

Les dirigeants européens se donnent jusqu’à mercredi 26 octobre pour trouver une solution cruciale pour l’avenir de la zone euro.

/ EURACTIV.fr
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Les dirigeants européens se donnent jusqu’à mercredi 26 octobre pour trouver une solution cruciale pour l’avenir de la zone euro.

Tout était dans la forme, dimanche 23 octobre. Pour le fond, il faudra attendre trois jours de plus. Ce n’est que lors de leur prochain rendez-vous, mercredi 26 octobre que les chefs d’État et de gouvernement de la zone euro dévoileront les détails techniques de leur nouveau plan de sortie de crise.

Les dix-sept sont donc engagés dans une course contre la montre. Et il ne s’agit plus, cette fois, de rassurer les marchés mais de tenir la promesse faite aux autres pays du G20 d’apporter au sommet de Cannes une réponse ambitieuse et durable à la crise.  

Décote d’au moins 50%

Vers 10 heures, la réunion des chefs d’État et de gouvernement européens venait à peine de commencer quand un petit groupe d’indignés s’est posté à proximité du bâtiment du Conseil européen. Parmi eux, des manifestants grecs qui exigeaient de leur premier ministre, George Papandreou, qu’il « arrête de les sauver ». Car pour Elli, jeune hellène venue spécialement d’Amsterdam, chaque mesure qu’il prend ne fait que « tuer un peu plus le peuple grec ». 

Mais la Grèce sera bientôt fixée sur son sort. Début novembre, si le FMI le veut bien, elle devrait recevoir sa 6ème tranche d’aide de huit milliards d’euros qui lui permettra d’honorer des dettes arrivées à maturité. Les dirigeants européens devraient quant à eux s’accorder, mercredi, sur le moyen de réduire son fardeau de créances.

Selon plusieurs diplomates européens, il est désormais acquis que la décote appliquée aux titres grecs sera d’au moins 50%. Plus du double, donc, du pari initial de 21% de pertes sur les obligations souveraines décidé le 21 juillet dernier.  

La participation des créanciers privés se fera sur la base d’un « volontariat forcé », explique un diplomate européen, selon lequel il y va de leur propre intérêt s’ils veulent pouvoir bénéficier de fonds publics pour consolider leur base de capital. « On est un peu dans une logique du ‘tu me tiens, je te tiens…’ », ajoute-t-il.

Détermination « totale »

La chancelière allemande et le président français auront tenu les journalistes en haleine pendant presque deux heures avant de donner leur seule conférence de presse de la journée, en fin d’après-midi.

Faute de pouvoir apporter des précisions, à ce stade, sur des « sujets d’une complexité technique considérable », Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont tenu à rappeler leur détermination « totale » à préserver la stabilité de la zone euro.

Dans la matinée, ils se sont entretenus avec Silvio Berlusconi. Même s’il s’en est défendu, le président du Conseil italien se serait bel et bien fait rappeler à l’ordre, en raison de sa lenteur à mettre en place les réformes qui permettraient de convaincre les marchés de la solvabilité de son pays.

FESF et soutien des pays émergents

« Sur la recapitalisation des banques, les travaux ont bien avancé. Sur la Grèce, les choses progressent », a assuré le président français. Le nœud des négociations entre les des dix-sept sera donc le Fonds européen de stabilité financière (FESF), dont la puissance de frappe doit être maximisée pour endiguer définitivement toute menace de contagion.

L’idée, portée par la France, de faire du FESF une banque qui puisse emprunter à la Banque centrale européenne (BCE) n’est plus d’actualité. Et il n’est pas non plus question pour les États européens de remettre la main à la poche pour augmenter les ressources financières du Fonds.   

Le scénario le plus probable est donc que le Fonds endosse un rôle d’un assureur, qui garantira les obligations souveraines nouvellement émises par les États fragilisés. Jusqu’à présent, des garanties à hauteur de 20-30% ont été évoquées. Mais aucun consensus n’a encore été trouvé sur ces chiffres.

Les États étudient également la possibilité d’augmenter la capacité d’intervention du FESF en faisant appel à des capitaux étrangers. La Chine et le Brésil se seraient portés volontaires pour apporter un soutien financier ou sous forme de garanties. Ce qui pourrait se faire à travers un fonds commun de créances (« special purpose vehicle »), qui pourrait être rattaché au FMI.