Zone euro : la Commission relève ses prévisions de croissance malgré un environnement économique « défavorable »
La Commission européenne a relevé lundi 17 novembre ses prévisions de croissance pour la zone euro, tout en avertissant que la résurgence des tensions commerciales, l’effondrement des actions américaines et l’incertitude géopolitique générale continuaient de peser sur l’économie de l’Union.
L’exécutif table désormais sur une croissance de 1,3 % en 2025, contre 0,9 % lors de sa précédente estimation en mai.
Cette révision s’explique par des investissements plus dynamiques que prévu dans les équipements et les actifs incorporels, mais aussi par la forte progression des exportations au premier semestre, les entreprises européennes ayant cherché à anticiper de nouveaux tarifs imposés par le président américain Donald Trump.
L’inclusion de la Bulgarie dans les données relatives à la zone euro a également contribué à la hausse du taux de croissance moyen prévu pour la zone euro. Sofia devrait connaître une croissance de 3 % cette année et devenir le 21e membre de la zone euro en janvier.
Toutefois, la hausse prévue de la croissance est relativement généralisée, les prévisions ayant été revues à la hausse pour les principales économies de la zone, notamment l’Allemagne, la France et l’Espagne. La Commission a également relevé ses prévisions de croissance pour l’ensemble des 27 États membres de l’UE, les faisant passer de 1,1 % à 1,4 % pour 2025.
« Même dans un environnement défavorable, l’économie de l’UE a continué de croître », explique le commissaire européen à l’Économie, Valdis Dombrovskis.
Ces prévisions interviennent alors que les mesures de relance budgétaire prises par l’Allemagne et l’impact différé des baisses de taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) sur l’investissement et la consommation dans la zone euro ont largement compensé les vents contraires qui ont frappé l’économie européenne au cours de l’année écoulée. Parmi ceux-ci figurent les prix élevés de l’énergie, le ralentissement de la demande chinoise et les droits de douane américains.
Valdis Dombrovskis avertit toutefois que l’Union doit prendre des « mesures résolues » pour stimuler son économie — qui devrait encore être bien en deçà de la croissance prévue de 1,8 % aux États-Unis cette année — en « accélérant » les efforts d’intégration de son marché unique et en réduisant les formalités administratives.
Dans son rapport, Bruxelles a également souligné que ses prévisions « restent soumises à une forte incertitude », le « bilan des risques » restant « orienté à la baisse ».
Soulignant ces préoccupations, la Commission a abaissé ses prévisions de croissance pour la zone euro pour 2026 de 1,4 % à 1,2 %, et pour l’ensemble de l’UE de 1,5 % à 1,4 %.
Les attaques de Donald Trump contre la Réserve fédérale américaine (Fed), la reprise des tensions commerciales, l’escalade de la guerre russe en Ukraine et les catastrophes climatiques constituent autant de risques majeurs pour la croissance de l’UE et l’économie mondiale, souligne la Commission.
L’exécutif ajoute que l’effondrement soudain des actions américaines — qui ont récemment vacillé en raison des inquiétudes des investisseurs concernant le potentiel de l’intelligence artificielle en matière de productivité et d’augmentation des revenus — constitue un autre danger considérable.
« Les valorisations actuellement élevées des actifs soutenant la consommation privée grâce à l’effet de richesse, une réévaluation des prix sur les marchés financiers pourrait avoir des conséquences importantes sur la croissance », indique la Commission.