Zone euro : la BCE revoit à la baisse ses prévisions de croissance et invoque une « grande incertitude »
Jeudi, la Banque centrale européenne (BCE) a revu à la baisse ses prévisions de croissance de la zone euro pour le quatrième trimestre consécutif.
Jeudi, la Banque centrale européenne (BCE) a revu à la baisse ses prévisions de croissance de la zone euro pour le quatrième trimestre consécutif. La faiblesse de la consommation, les tensions commerciales mondiales et l’incertitude géopolitique continuent de peser sur l’économie anémique de la zone.
La BCE a annoncé qu’elle s’attendait à ce que la production totale de la zone euro n’augmente que de 0,9 % en 2025 et de 1,2 % en 2026, soit 0,2 point de pourcentage de moins que prévu précédemment.
« Les révisions à la baisse pour 2025 et 2026 reflètent la diminution des exportations et la faiblesse persistante des investissements, qui s’expliquent en partie par la grande incertitude entourant la politique commerciale ainsi que par une incertitude politique plus générale », a analysé la BCE dans un communiqué de presse.
Cependant, la banque a noté qu’une augmentation des salaires réels, associée à « l’atténuation progressive des effets des hausses de taux passées », devrait conduire à une « reprise de la demande au fil du temps ».
L’estimation révisée est intervenue alors que la BCE a également réduit son taux de dépôt de référence de 2,75 % à 2,5 %, soit sa sixième baisse depuis juin 2024.
Cette décision, largement attendue, fait suite à la publication de données cette semaine révélant que l’inflation dans la zone euro a baissé pour la première fois en quatre mois en février, passant de 2,5 % à 2,4 %, soit juste quelques décimales au-dessus du taux cible de 2 % de la BCE.
L’inflation sous-jacente, qui exclut les prix volatils de l’énergie et des denrées alimentaires, a aussi baissé de 0,1 point de pourcentage pour s’établir à 2,6 %. L’inflation des services, autre indicateur clé des pressions nationales sur les prix, a pareillement diminué, passant de 3,9 % à 3,7 %, atteignant son plus bas niveau en près d’un an.
Les analystes s’attendent à ce que le Conseil des gouverneurs de la banque, qui fixe les taux, les réduisent à chaque réunion successive jusqu’à ce que le taux directeur de la BCE atteigne 2 %. Les investisseurs, cependant, pensent qu’une pause en avril est encore possible.
En réponse aux inquiétudes croissantes de certains membres du Conseil des gouverneurs qui craignent qu’un assouplissement trop rapide des taux ne relance l’inflation, la BCE a modifié jeudi sa précédente formulation qui qualifiait sa politique monétaire de « restrictive ». Elle a plutôt choisi de la décrire comme « devenant nettement moins restrictive ».
La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a prévu une réaction publique, jeudi à Francfort, dans le courant de la journée.
Elle devrait évoquer la manière dont l’inflation pourrait être affectée par les augmentations significatives des dépenses de défense, récemment annoncées par la Commission européenne et par l’Allemagne, ainsi que l’impact des mesures commerciales protectionnistes du président américain Donald Trump sur l’économie de la zone euro dans son ensemble.
(sn)