Yves Bertoncini : "Tous les jeunes ne veulent pas être mobiles"

Expliquer les avantages de la mobilité et coordonner les différentes aides existantes dans le domaine sont les deux principales mesures du rapport coordonné par Yves Bertoncini rendu public vendredi 4 septembre. Pour EURACTIV.fr, Yves Bertoncini revient sur cette étude, qui devrait alimenter la réflexion des Européens lors du Conseil Éducation des 20 et 21 novembre.

Expliquer les avantages de la mobilité et coordonner les différentes aides existantes dans le domaine sont les deux principales mesures du rapport coordonné par Yves Bertoncini rendu public vendredi 4 septembre. Pour EURACTIV.fr, Yves Bertoncini revient sur cette étude, qui devrait alimenter la réflexion des Européens lors du Conseil Éducation des 20 et 21 novembre.

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« Nous voulons faciliter la mobilité des jeunes et des plus de jeunes », a assuré Xavier Darcos le 15 juillet dernier devant le Parlement européen. Une priorité de la Présidence française de l’UE, soutenue par la Commission européenne, et notamment incarnée dans la volonté de Nicolas Sarkozy de créer un « Erasmus des apprentis ». Dans un entretien accordé à EURACTIV. fr, Yves Bertoncini, coordinateur de la mission mobilité des jeunes en Europe au Centre d’analyse stratégique, revient sur les principales propositions du rapport qu’il vient de remettre au gouvernement.

Mobilité universelle ?

Paradoxe souligné par le rapport, si les responsables européens n’ont qu’Erasmus et mobilité à la bouche pour rendre l’Europe concrète auprès des jeunes, il semblerait que ces mêmes jeunes n’aient pas forcément la bougeotte. « Tous les jeunes ne veulent pas être mobiles. Nous proposons donc des orientations pour stimuler ce désir de mobilité », explique Yves Bertoncini, qui propose de mettre en place des études sur le long terme pour confronter les expériences de jeunes qui ont accepté la mobilité et ceux qui sont restés dans leur pays.

Optimiser les soutiens existants

Le rapport indique aussi la nécessité de coordonner les aides communautaires, nationales et locales. L’éparpillement des aides peut avoir un effet dommageable, les jeunes les moins fortunés étant tentés de renoncer à leur projet faute de pouvoir prévoir le montant des aides financières dont ils peuvent bénéficier.

« Erasmus » pour tout le monde ?

L’expert revient aussi sur l’extension des appellations « Erasmus » à des programmes qui relèvent d’un programme distinct. « Leonardo », par exemple, concerne les Européens qui veulent profiter d’un programme de mobilité dans le cadre professionnel.

Les apprentis, qui bénéficient d’un contrat de travail, ne peuvent donc pas utiliser « Erasmus ». L’extension de l’appellation Erasmus à tous les programmes de mobilité est donc une question de meilleure communication. Certains y voient donc l’opportunité d’offrir une plus grande visibilité à la mobilité européenne, le terme Erasmus étant compris par de plus en plus de monde. Tandis que le programme « Leonardo » pour la formation professionnelle, le programme Comenius pour les établissements scolaires et le programme Grundtvig pour la formation des adultes, restent encore très peu connus. Un argument auquel semble adhérer Yves Bertoncini. « C’est vrai que c’est tout de même très compliqué de retenir tous ces noms Leonardo, Gruntvig, Comenius », estime-t-il.

Cette série de mesures alimentera la réflexion des ministres de l’Education des 20 et 21 novembre prochain.