Xi Jinping appelle les Occidentaux à ne pas « salir » la Chine sur la crise ukrainienne
À l'issue du premier jour de la visite d'État de Xi Jinping en France, le président chinois et son homologue français Emmanuel Macron sont revenus sur les deux sujets principaux de leurs entretiens : la situation internationale et les tensions commerciales qui opposent Pékin et l'UE.
À l’issue du premier jour de la visite d’État de Xi Jinping en France, le président chinois et son homologue français Emmanuel Macron sont revenus sur les deux sujets principaux de leurs entretiens : la situation internationale, et notamment la guerre en Ukraine, et les tensions commerciales qui opposent Pékin et l’Union européenne (UE).
Sur le dossier ukrainien, quelques avancées sont à noter. Emmanuel Macron a salué « les engagements » chinois « à s’abstenir de vendre toute arme » et « à contrôler strictement l’exportation des biens à double usage ». Il s’est félicité du canal de discussion ouvert avec Pékin, qui permet « d’éviter toute logique de bloc » et d’échanger des informations plus fournies sur le contournement par certaines entreprises des sanctions européennes, alors que le président russe Vladimir Poutine devrait se rendre en Chine en mai.
Mais la position de la Chine vis-à-vis de l’invasion russe ne s’est pas pour autant atténuée et reste, en somme, diamétralement opposée à celle de la France.
Xi Jinping n’a pas hésité à mettre l’Ukraine et la Russie sur un « pied d’égalité », souhaitant voir s’organiser une conférence internationale de la paix « qui permette une discussion équitable de tous les camps de paix ».
Le président chinois a prévenu Européens et Américains que personne ne peut « salir » la Chine sur le dossier ukrainien, Pékin jouant selon lui un rôle « positif » pour trouver une solution pacifique à la guerre.
« Nous nous opposons à l’utilisation de la crise ukrainienne pour jeter la responsabilité sur d’autres, salir un pays tiers et déclencher une nouvelle Guerre froide », a-t-il déclaré.
Le président français a aussi affirmé que les deux chefs d’État partageaient « la même volonté », celle du « respect de l’intégrité des frontières internationales ». Un constat qui n’a pu que réjouir les autorités de Pékin, qui considèrent que Taïwan fait toujours partie du territoire de la Chine populaire.
Enfin, Xi Jinping a confirmé qu’il appellerait de ses vœux à une trêve internationale des conflits tout au long des Jeux olympiques d’été, qui se tiennent en France.
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Sur le plan économique, la nécessité d’une « concurrence loyale »
Sur le plan économique, le président Emmanuel Macron a expliqué que l’Europe souhaitait « une concurrence loyale, c’est-à-dire des règles réciproques, légitimes ».
Les règles qui régissent le marché unique européen, a-t-il expliqué, ne sont « dicté[es] par personne, nous la souhaitons souveraine, c’est-à-dire indépendante ». Hors de question, donc, de laisser quelques désaccords commerciaux, aussi profonds soient-ils, impacter les règles d’accès au marché.
Plus tôt dans la journée, lors d’un échange trilatéral, la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen estimait que l’Europe était prête « à utiliser pleinement [ses] instruments de défense commerciale si cela est nécessaire ».
En septembre, et pour la première fois de son histoire, la Commission européenne ouvrait une enquête antisubventions contre les voitures électriques chinoises. Deux autres enquêtes sur la filière photovoltaïque chinoise et l’octroi de marchés publics à des entreprises européennes pour la production de dispositifs médicaux ont aussi été ouvertes récemment.
Emmanuel Macron s’est pour l’heure réjoui du « souhait » de son homologue chinois de ne pas « voir appliquer » les « mesures provisoires » visant le très symbolique cognac français, menacé par une enquête antidumping en Chine.
Plusieurs contrats commerciaux ont par ailleurs été conclus dans le cadre de la 6e édition du Conseil d’entreprises franco-chinois qui s’est tenue en marge de la visite de XI Jinping. Un partenariat a été mis en place entre l’entreprise de matériaux de cathode de lithium Xiamen Tungsten New Energy et la société française Orano, spécialisée dans les combustibles nucléaires.
Alstom devrait de son côté fournir un système de traction électrique pour les lignes de métro de Pékin et de Wuhan, alors que Suez a conclu plusieurs partenariats, par exemple pour une solution innovante d’incinération des boues municipales dans la ville de Dongguan.
Aucune mention en revanche de la situation des droits humains en Chine, alors que l’Élysée précisait il y a encore quelques jours que ce sujet était « systématiquement abordé » avec les autorités de Pékin.
Au micro de Sud Radio, Valérie Hayer, la tête de liste de la majorité macroniste aux élections européennes affirmait lundi 6 mai « à titre personnel », que « très probablement », on pouvait penser que la Chine commettait « un génocide » contre les Ouïghours.