Weber menace de soumettre l'accord commercial avec les États-Unis au vote en plénière

Le président du PPE menace d'organiser un vote en séance plénière si aucun accord n'est trouvé demain

/ / EURACTIV.com
[Karl-Josef Hildenbrand/picture alliance via Getty Images]

Le chef du Parti populaire européen (PPE), Manfred Weber, a menacé de mettre fin aux négociations avec les diplomates nationaux sur l’accord commercial UE-États-Unis et de soumettre la question à un vote en séance plénière.

Cette menace intervient à la veille d’un deuxième cycle de négociations entre les députés européens et le Conseil, qui doit débuter mercredi soir et vise à faire avancer l’accord dit de « Turnberry », conclu l’été dernier sur le terrain de golf écossais de Donald Trump.

« Si le trilogue de cette semaine n’aboutit pas à un résultat, alors nous, en tant que PPE, soumettrons simplement [Turnberry] au vote », a déclaré mardi aux journalistes Weber, qui préside le groupe de centre-droit au Parlement européen.

La proposition prévue dans l’accord « Turnberry » supprime les droits de douane sur des centaines de produits agricoles et industriels américains.

Trump a récemment menacé d’augmenter les droits de douane sur les voitures de l’UE, affirmant que l’Union ne respectait pas l’accord. Le commissaire européen au commerce, Maroš Šefčovič, doit rencontrer le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, à Paris cet après-midi.

Weber a qualifié la menace d’un vote en séance plénière – qui pourrait voir l’accord commercial approuvé par une majorité d’extrême droite et avec nettement moins de conditions – d’« appel aux sociaux-démocrates, tant à Berlin qu’au niveau européen ». « L’Europe doit montrer que ce qui a été signé peut aussi être mis en œuvre », a-t-il ajouté.

Lors de la première réunion en avril, le député européen socialiste Bernd Lange, négociateur en chef du Parlement, s’était dit convaincu que plus de deux cycles de négociations seraient nécessaires pour parvenir à un accord.

Les principaux points d’achoppement concernent la volonté du Parlement d’assortir la proposition de conditions. Cette initiative est menée par Lange, avec le soutien des négociateurs de Renew, des Verts et même du député européen du PPE Jörgen Warborn, qui avait plaidé en faveur de l’inclusion d’une clause de « sunrise » qui subordonnerait l’accord à une baisse des droits de douane américains sur les dérivés de l’acier et de l’aluminium.

Les députés européens réclament également une clause de « sunset », c’est-à-dire une date d’expiration de l’accord fixée à mars 2028.

Les négociations sont compliquées par l’approche plus modérée du Conseil, qui préfère s’en tenir à une version de l’accord proche de celle initialement proposée par la Commission.

Lange a déclaré à Euractiv que sans « un résultat solide des négociations avec le Conseil… il n’y a pas de majorité au Parlement européen pour un accord faible ». Il a ajouté que les retards dans les négociations faisaient suite aux menaces de Washington d’annexer le Groenland et à une décision de la Cour suprême qui a invalidé la plupart des droits de douane de Trump.

Les remarques du député européen allemand ont trouvé un écho auprès de Karin Karlsbro, une députée suédoise du groupe libéral Renew.

« Il n’est pas sérieux de la part du PPE de se précipiter pour voter un accord qui ne bénéficie pas du soutien du Parlement européen en raison de la pression exercée par les États-Unis », a-t-elle indiqué à Euractiv, ajoutant que la récente menace de droits de douane de Trump « souligne clairement la nécessité » des mesures de sauvegarde proposées par le Parlement.

La Commission européenne n’a pas répondu à une demande de commentaires.

(aw, jp)

MISE À JOUR : Cet article a été mis à jour afin d’inclure davantage de commentaires et de clarifier certains points.