Analyse des eaux usées : quelles drogues les Européens ont-ils consommées en 2021 ?
Les conclusions d’une récente analyse des eaux usées révèlent une augmentation de la prise de drogue chez les Européens, alors que la Commission souhaite interdire deux substances dont la consommation est en hausse.
Les conclusions d’une récente analyse des eaux usées révèlent une augmentation de la prise de drogue chez les Européens, alors que la Commission souhaite interdire deux substances dont la consommation est en hausse.
Le rapport a été publié par SCORE et l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT), qui ont analysé les eaux usées d’environ 45 millions de personnes dans 75 villes européennes de 25 pays.
Les résultats ont montré que la MDMA (ecstasy) était la seule drogue pour laquelle la consommation avait diminué dans la majorité des villes étudiées, tandis que la consommation de cocaïne, d’amphétamines, de méthamphétamine et de cannabis était en hausse en 2021, et ce en dépit les mesures de confinement qui ont prévalu tout au long de l’année en raison de la pandémie de Covid-19.
« Les résultats d’aujourd’hui nous fournissent un précieux instantané de la consommation de drogues dans 75 villes, offrant ainsi des indications précieuses sur les tendances émergentes. Les résultats montrent à la fois une augmentation et une diffusion pour la plupart des substances étudiées, ce qui reflète un problème de drogue à la fois omniprésent et complexe », a indiqué Alexis Goosdeel, directeur de l’OEDT, dans un communiqué.
Le rapport estime que la baisse de la consommation de MDMA est très probablement due aux confinements et aux fermetures des boîtes de nuit. Les concentrations de résidus de MDMA les plus élevées ont été relevés dans des villes de Belgique, d’Allemagne, des Pays-Bas, de Suède et de Norvège.
En revanche, la consommation de cannabis semble avoir été la moins touchée par les mesures de confinement sur le continent. Près de la moitié des villes ayant analysé les métabolites du cannabis (THC-COOH) — 13 sur 31 — ont signalé une augmentation des charges en cannabis.
C’est en Croatie, en République tchèque, en Espagne, aux Pays-Bas, en Slovénie et au Portugal que la consommation de cannabis est la plus élevée.
La Commission européenne propose l’interdiction de deux substances
La Commission européenne a également annoncé vendredi 18 mars qu’elle proposait d’interdire deux substances, la 3-méthylméthcathinone (3-MMC) et la 3-chlorométhcathinone (3-CMC).
Ce n’est que la troisième fois que l’exécutif européen propose une interdiction basée sur les règles européennes relatives aux substances psychoactives.
Les deux substances sont des cathinones de synthèse qui se comportent comme des stimulants du système nerveux central. Elles sont apparentées à la molécule-mère cathinone, un stimulant naturel et la principale substance psychoactive de la plante khat (Catha edulis).
Selon l’Agence européenne des médicaments (EMA), outre une « stimulation générale », ces drogues peuvent améliorer l’humeur, donner un sentiment d’euphorie, augmenter l’énergie, la sociabilité et la libido. D’un autre côté, les consommateurs risquent de souffrir d’insomnie, d’anxiété et de psychose.
L’EMA surveille le 3-MMC en tant que nouvelle substance psychoactive depuis 2012, lorsque les douanes de Göteborg, en Suède, ont saisi 51,1 grammes du produit sous forme de poudre. Le 3-CMC est quant à lui surveillé depuis 2014, après que la police de Norrköping, en Suède, a trouvé 0,72 gramme de poudre.
Selon la Commission, les deux médicaments constituent « un danger de mort en raison de leur toxicité ». Le 3-MMC a été lié à 27 décès dans cinq États membres de l’UE, et le 3-CMC à 10 décès dans deux États membres.
La proposition prendra la forme d’un acte délégué, qui entrera en vigueur dans un délai de deux mois, sauf si le Parlement européen ou le Conseil s’y opposent. Ensuite, les États membres auront six mois pour transposer l’interdiction dans leur législation nationale.