Von der Leyen voit sa visite au Groenland repoussée en raison des négociations de coalition danoises

Les efforts de Bruxelles pour renforcer ses liens avec Nuuk – et marquer sa présence après les propos de Trump – ont été reportés

EURACTIV.com
[Photo : Sergio Pitamitz / VWPics/Universal Images Group via Getty Images]

La visite prévue de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, au Groenland a été reportée en raison des négociations de coalition en cours à Copenhague, ont déclaré à Euractiv trois responsables proches du dossier.

Ce déplacement était initialement prévu pour le mois de mars, comme l’avait rapporté en premier lieu Bloomberg. Cependant, la décision prise plus tôt dans le mois par la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, de convoquer des élections anticipées le 24 mars a contraint à modifier les plans, ont indiqué ces responsables.

La visite de von der Leyen aurait eu lieu dans le sillage des menaces répétées du président américain Donald Trump de s’emparer de l’île arctique, un territoire semi-autonome relevant de Copenhague. Trump est depuis revenu sur ses menaces, mais Frederiksen soutient que le souhait de Trump de s’emparer de l’île est « intact ».

Dès que possible

Un porte-parole de la Commission a confirmé que le calendrier avait été revu, assurant à Euractiv que l’Arctique restait une priorité pour von der Leyen. Bruxelles coordonne ses efforts avec Copenhague afin de reprogrammer la visite dès que possible.

Les représentants du bureau du Premier ministre danois et du gouvernement groenlandais ont refusé de commenter.

Frederiksen reste en fonction à titre intérimaire et mène des négociations de coalition à Copenhague pour former un gouvernement de centre-gauche après que les élections danoises ont abouti à une législature fragmentée. On ignore encore combien de temps il faudra pour former un gouvernement, ni si elle restera finalement au pouvoir.

Au cours de cette visite, von der Leyen devrait rencontrer le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen, ainsi que d’autres responsables locaux. Depuis 2009, le Groenland jouit d’une « autonomie » qui confère au gouvernement local une grande latitude en matière de gouvernance de l’île, tandis que la sécurité et la défense restent une prérogative de Copenhague.

Mme von der Leyen s’était rendue pour la dernière fois au Groenland en mars 2024 pour inaugurer le bureau de la Commission dans la capitale, Nuuk, aux côtés de Frederiksen.

Son itinéraire prévoyait également une escale en Islande. L’Islande a récemment relancé sa candidature à l’adhésion à l’Union européenne. Kristrún Frostadóttir, la Première ministre social-démocrate du pays, a annoncé le 29 août un référendum sur la poursuite des négociations d’adhésion de l’Islande, actuellement au point mort. Cette visite a également été reportée.

On ignore si les deux visites seront toujours combinées.

Un budget doublé

La Commission a proposé de plus que doubler l’enveloppe allouée au Groenland, la portant à 530 millions d’euros sur sept ans à compter de 2028. De plus, la Commission a laissé entrevoir un programme d’investissement à Nuuk d’une valeur de plus de 150 millions d’euros, selon une lettre de la Commission à la commission du développement du Parlement européen consultée par Euractiv.

« L’administration américaine pourrait avoir des points de vue légèrement différents sur la manière de résoudre certains problèmes mondiaux », a déclaré en janvier à Euractiv le responsable du développement de l’UE, Jozef Síkela, lors de l’annonce de ce programme. Síkela devrait également participer au voyage reporté au Groenland.

(cz)