Volte-face de Paris et Berlin sur la réduction de 30% de CO2 dès 2020

Les deux pays estiment nécessaire d’anticiper le passage à 30%, contrairement aux propos tenus par des membres de leurs gouvernements il y a à peine deux mois.

EURACTIV.fr
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Les deux pays estiment nécessaire d’anticiper le passage à 30%, contrairement aux propos tenus par des membres de leurs gouvernements il y a à peine deux mois.

Retournement de situation. La France et l’Allemagne rallient la Grande-Bretagne et plaident en faveur d’un accroissement des efforts unilatéraux de l’UE dans la lutte contre le changement climatique. 

Alors que Paris et Berlin affichaient encore à la fin du mois de mai leur unité contre un passage de 20 à 30% de réduction d’émission de CO2 dès 2020 sans engagement comparable « d’autres pays » au plan international, les deux États viennent de changer d’avis. La compétitivité des entreprises européennes vis-à-vis de la Chine et des États-Unis était, selon eux, menacée. 
 
L’objectif de 20% de diminution des émissions de CO2 d’ici 2020 est « désormais insuffisant pour effectuer une transition vers un modèle faiblement consommateur de carbone », expliquent le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, et ses homologues britannique Chris Huhne, et allemand Norbert Röttgen, dans une tribune publiée jeudi 15 juillet par Le Monde et le Financial Times
 
La réduction de 11% des émissions de CO2 du secteur marchand de l’UE par rapport à la période d’avant la crise explique en partie la chute du prix du carbone et met l’Europe dans une situation où « le cours actuel du carbone est largement trop bas pour entraîner les investissements significatifs dans des emplois et des technologies verts », arguent les trois ministres. 
 
Si cette démonstration peut se comprendre, elle semble très étonnante au regard des débats des dernières semaines. L’UE s’est engagée dans son paquet énergie-climat, adopté en décembre 2008, à réduire de 20% en 2020 et 30% en cas d’accord international, ses émissions de CO2. Après l’échec de Copenhague, la commissaire au Climat, Connie Hedegaard et certains pays de l’UE, notamment la Grande-Bretagne, ont commencé à plaider pour un passage à 30% de réduction dès 2020. Dans une communication publiée le 26 mai, Mme Heedegard a proposé d’étudier les différentes options permettant à l’UE d’anticiper le passage de 20 à 30% de réduction d’émission de CO2 en 2020. Selon la Commission, cette évolution ne coûterait que 11 milliards d’euros à l’Europe. 
 
Un bon nombre d’États membres comme l’Italie ou les pays de l’Est de l’Europe refusent aujourd’hui de s’engager sur ces objectifs de peur de plomber leur économie. Lors du dernier conseil des ministres de l’Environnement, le 11 juin dernier, les États ont repoussé l’examen de cette option au mois d’octobre et donné mandat à la Commission de mener d’ici-là des analyses plus détaillées des coûts de ce changement pour chaque pays.  
 
« Le passage à un objectif de réduction de 30% permettrait une certitude et une prévisibilité accrues pour les investisseurs », estiment Paris, Londres et Berlin dans leur tribune commune. Selon les trois pays, mener des actions précoces permettrait également « de réduire les coûts». 
 
De leur côté, les association de défense de l’environnement ont vivement déploré le report de l’examen du projet à l’automne.