Volatilité des prix agricoles : les syndicats veulent des contrats
Les filières agricoles « végétale » et « animale » souhaitent mettre en place des contrats pour lutter contre les fortes variations de prix sur les marchés. La hausse des matières premières pourrait se répercuter sur les consommateurs.
Les filières agricoles « végétale » et « animale » souhaitent mettre en place des contrats pour lutter contre les fortes variations de prix sur les marchés. La hausse des matières premières pourrait se répercuter sur les consommateurs.
Quelques jours avant l’ouverture du salon de l’agriculture, les syndicats agricoles ont présenté, mercredi 16 février, leurs propositions pour aider l’élevage à faire face à la volatilité des matières premières sur les marchés. Le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, leur avait demandé de présenter des mesures sur ce dossier, priorité de la présidence française du G20.
Pour éviter les fluctuations trop fortes sur les marchés mondiaux, les paysans des filières végétale et animale souhaitent coopérer davantage en mettant en place des contrats. Ils seront passés entre les collecteurs de grains et les fabricants d’aliments et prévoiront un lissage des prix de marché. « Le lissage est une voie pour avoir un prix de revient au moins à moyen terme », a expliqué le président d’Orama, Philippe Pinta.
D’autres contrats seraient passés entre les fabricants d’aliments et les éleveurs pour permettre une meilleure visibilité du coût de l’aliment.
Les syndicats proposent aussi la création d’un marché à termes (où les règlements se font à une échéance ultérieure, ndlr) du tourteau de colza et d’un marché à termes physiques pour les produits carnés.
Impact sur les consommateurs
Mais la mise en place des contrats ne fonctionnera pas sans l’engagement des industriels de la distribution. « La distribution doit apporter sa pierre à l’édifice dans un esprit de partage équitable de la valeur », a expliqué le président de la FNSEA, Xavier Beulin.
Pour y parvenir, les syndicats agricoles proposent une indexation du prix des matières premières sur les produits finis. « Il importe de donner aux éleveurs une visibilité sur leur prix de vente », précise la FNSEA.
L’indexation se ferait « dans les deux sens », a précisé M. Beulin. Ainsi, si les cours des matières première augmentent le prix des produits finis augmentera aussi, et inversement. Les consommateurs seraient donc mis à contribution. « C’est le prix à payer pour sauver l’agriculture », a expliqué M. Chevalier.
Cette proposition va à l’encontre de la position du ministre de l’Agriculture. Mardi 15 février, lors d’une conférence de presse à Strasbourg, Bruno Le Maire a souligné que « la volatilité est un problème pour tous les éleveurs du monde. C’est un problème pour tous les consommateurs. Le pouvoir d’achat des consommateurs est une priorité».
« Les pouvoirs publics ont tellement voté la dérégulation et participé à la volatilité du marché qu’on ne comprendrait pas qu’ils s’opposent à certaines mesures, sous raison du pouvoir d’achat », a expliqué le président de la fédération nationale des producteurs de lait, Henri Brichart.
Régulation renforcée
En plus de ces mesures, les agriculteurs ont rappelé l’importance de la régulation et la nécessité d’accroître la transparence sur les marchés.
Pour eux, la sécurité alimentaire et la régulation des cours passent par une politique d’augmentation de la production des grains en France et en Europe. Une situation qui n’a plus cours depuis la réforme de la PAC de 1992, selon la FNSEA. « Il faut réaffirmer la nécessité de produire », a souligné M. Beulin. De son coté, le ministre de l’Agriculture a précisé mardi qu’il était nécessaire de soutenir la production agricole dans les pays en développement afin qu’ils puissent être autonomes.
Le président du syndicat souhaite aussi la mise en place de stockages physiques pour « stabiliser le marché ». Les agriculteurs veulent lancer un «plan silo» de cinq millions de tonnes, d’un coût d’environ un milliard d’euros sans indiquer qui en supporterait la charge financière.
Les syndicats souhaitent que leurs propositions soient applicables d’ici le 1er juillet 2011.
*Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles, Orama, Association générale des producteurs de blé (AGPB), Association générale des producteurs de mais (AGPM), Fédération française des producteurs d’oléagineux et de protéagineux (FOP), Fédération nationale porcine (FNP), Confédération française de l’aviculture (CFA), Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), Fédération nationale ovine (FNO), Coop de France métiers du grain, Coop de France Nutrition animal, Coop de France bétail et viandes, Coop de France aviculture, Fédération du négoce agricole (FNA) et Syndicat des industriels de la nutrition animale (SNIA)
