Vladimir Poutine revient sur sa demande de paiement du gaz en roubles
Lors d’un entretien téléphonique avec le chancelier allemand Olaf Scholz, le président russe Vladimir Poutine a renoncé à exiger que les livraisons de gaz soient payées en roubles, suscitant ainsi les critiques de l’Ukraine.
Lors d’un entretien téléphonique avec le chancelier allemand Olaf Scholz, le président russe Vladimir Poutine a renoncé à exiger que les livraisons de gaz soient payées en roubles, suscitant ainsi les critiques de l’Ukraine.
La nouvelle est tombée le jour même où l’Allemagne a déclenché une « alerte anticipée » en réponse au risque de perturbation ou d’arrêt potentiel de l’approvisionnement en gaz russe.
Dans un contexte de va-et-vient entre l’Europe, le Kremlin et les États du G7 sur la demande de la Russie d’être payée en roubles pour la livraison de gaz, décrit comme un exercice de bras de fer par les analystes, M. Poutine a appelé M. Scholz ce mercredi (30 mars) pour lui faire part de son changement d’avis.
« M. Poutine a informé M. Scholz qu’il n’y aurait aucune détérioration des conditions des contrats de gaz lors du passage au rouble. Les parties ont convenu que des experts discuteraient de cette question », a indiqué le Kremlin à propos de l’appel passé par le dirigeant russe.
Les Allemands ont confirmé cette déclaration, selon laquelle M. Poutine a affirmé « que rien ne changera pour les partenaires contractuels européens », tout en confirmant son intention de faire passer une loi imposant le paiement en roubles à partir du 1er avril.
« Les paiements continueraient à être effectués exclusivement en euros et transférés comme d’habitude à la Gazprom Bank, qui n’a pas été touchée par les sanctions. La banque convertirait ensuite l’argent en roubles », ajoute l’Allemagne.
« Le chancelier Scholz n’a PAS accepté cette procédure au cours de la conversation mais a simplement demandé des informations écrites afin de comprendre la procédure plus précisément », a déclaré Steffen Hebestreit, porte-parole principal du chancelier.
La banque Gazprom est l’une des deux banques russes exemptées des sanctions d’exclusion du réseau SWIFT, qui coupent les banques russes du système financier mondial. Il semblerait que pour que Berlin n’accepte ne serait-ce que des sanctions limitées, il ait fallu que le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki fasse pression.
La conversation entre Berlin et le Kremlin a été vivement critiquée par l’ambassadeur ukrainien en Allemagne, qui a fait remarquer qu’une « vieille amitié ne rouille jamais. »
Au lieu de mettre fin aux importations de gaz finançant le massacre de femmes et d’enfants, « Berlin se réjouit que le chef du Kremlin ait encore un peu de patience », a tweeté l’ambassadeur Andrij Melnyk.
Na, geht doch. Alte Freundschaft rostet nicht. Anstatt den Importstopp für 🇷🇺Gas, Öl & Kohle SOFORT zu beschließen und diesen blutigen Vernichtungskrieg gegen 🇺🇦 Frauen & Kinder zu stoppen, freut man sich riesig in Berlin, dass der Kremlchef noch ein bisschen Geduld hat https://t.co/9L8LtlMkmv
— Andrii Melnyk (@MelnykAndrij) March 30, 2022
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