Visas : des règles plus strictes pourraient être mises en place dès la semaine prochaine pour les Russes

De nouveaux obstacles pourraient faire leur apparition dès la semaine prochaine pour les Russes désireux d’obtenir un visa afin d’entrer dans l’UE, la Commission européenne ayant déclaré qu’elle espérait obtenir rapidement le feu vert des États membres sur la question.

EURACTIV.com
European Commissioner for Home Affairs Johansson gives a press conference on the EU-Russia travel agreement
Durant une conférence de presse, mercredi (16 novembre), la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johannsson, a déclaré qu’à la suite de récentes enquêtes menées par des agences de l’UE, il était clair que « ces trois nations méritent de se sentir pleinement européennes ». [[EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]]

De nouveaux obstacles pourraient faire leur apparition dès la semaine prochaine pour les Russes désireux d’obtenir un visa afin d’entrer dans l’Union européenne, la Commission européenne ayant déclaré mardi (6 septembre) qu’elle espérait obtenir rapidement le feu vert des États membres sur la question.

Cette annonce intervient alors que les ministres des Affaires étrangères du bloc sont parvenus la semaine dernière à un accord politique prévoyant la suspension de l’accord de 2017 visant à faciliter la délivrance des visas avec Moscou, rendant ainsi plus difficile et plus onéreux l’accès à l’UE pour les ressortissants russes.

« Les citoyens russes ne devraient pas pouvoir entrer facilement dans l’UE », a déclaré mardi la commissaire européenne chargée des Affaires intérieures, Ylva Johansson, avant d’ajouter qu’« à l’heure actuelle, il n’existe pas la moindre raison de faire confiance, ni [d’établir] une relation privilégiée entre l’UE et la Russie ».

Les Russes qui font une demande de visa pour entrer dans l’espace Schengen — qui comprend 22 États membres de l’UE plus la Norvège, l’Islande, la Suisse et le Liechtenstein — devront désormais débourser 85 € au lieu de 35 €.

En outre, le délai de traitement standard d’une demande passera de 10 à 15 jours, et dans certains cas, l’examen se poursuivra jusqu’à 45 jours. Les visas à entrées multiples seront également soumis à des restrictions.

Les Russes faisant une demande de visa devront également fournir davantage de documents justificatifs pour appuyer leur demande.

« Nous suivrons bientôt des lignes directrices supplémentaires afin de garantir un examen renforcé des demandes de visa et du franchissement des frontières par les citoyens russes, sans nous couper des dissidents et de la société civile russes pour autant », a expliqué Mme Johansson.

Interrogée sur les visas déjà accordés aux citoyens russes, Mme Johansson a déclaré qu’il y avait actuellement moins d’un million de visas valides pour les citoyens russes.

Selon le système d’information sur les visas de l’UE, sur les quelque 14 millions de visas délivrés aux citoyens russes, environ 13 millions ne sont plus valables à présent.

« Avec la suspension de l’accord visant à faciliter la délivrance des visas ainsi qu’avec les orientations que nous allons présenter, les États membres ont la possibilité de réexaminer tous les visas déjà délivrés sur la base de ces nouveaux éléments », a-t-elle déclaré.

La Commission a également proposé que les États membres refusent de reconnaître les passeports russes émis dans les régions d’Ukraine occupées par les forces du Kremlin.

« La Russie continue de violer le droit international par ses opérations militaires illégales, elle commet des atrocités contre les Ukrainiens et sape la sécurité et la stabilité européennes et mondiales », a déclaré la commissaire européenne.

Des règles pour les pays de l’Est attendues prochainement

Les Vingt-Sept ont également renforcé le soutien aux pays frontaliers afin de poursuivre une approche régionale commune, ce qui constitue une victoire pour les États membres de l’Est.

Conformément au code frontières Schengen, ces derniers sont actuellement autorisés à refuser l’entrée sur leur territoire aux Russes munis d’un visa pour des raisons de sécurité s’ils représentent une « menace pour l’ordre public, la sécurité intérieure, la santé publique ou les relations internationales » du pays en question.

Les ministres de l’Estonie, de la Finlande, de la Lituanie, de la Lettonie et de la Pologne se réuniront mardi et mercredi en Lituanie pour discuter de règles régionales communes restreignant l’entrée des titulaires de visas russes aux points de passage terrestres afin d’éviter les failles.

Les diplomates de la région ont déclaré qu’ils s’attendaient à un examen complet des visas russes aux points de contrôle frontaliers.