Viktor Orban alimente la polémique sur la peine de mort
Le premier ministre hongrois, Viktor Orban a affirmé au Parlement européen que l'abolition de la peine de mort « n’était pas gravée dans le marbre ». Il estime que la proposition de quotas de réfugiés est « à la limite de la folie».
Le premier ministre hongrois, Viktor Orban a affirmé au Parlement européen que l’abolition de la peine de mort « n’était pas gravée dans le marbre ». Il estime que la proposition de quotas de réfugiés est « à la limite de la folie».
L’abolition de la peine de mort sur le continent européen n’est pas irréversible, selon le premier ministre Viktor Orban. Assistant à un débat sur la situation en Hongrie au Parlement européen qui s’est tenu le 19 mai à Strasbourg suite à ses propos en faveur de la peine de mort, Viktor Orban a tenu tête aux eurodéputés, affirmant que « la Hongrie n’avait signé aucun accord sur ce dont on peut parler et ce dont on ne peut pas parler ».
« Nous ne pouvons pas nous voiler la face. Il ne s’agit pas de la peine de mort, mais de la liberté d’expression ! Nous devons parler de la peine capitale » a-t-il déclaré. « Tout n’est pas inscrit dans le marbre, il s’agit de règles écrites par l’homme qui peuvent être changées».
Le débat sur la situation en Hongrie avait été réclamé par les eurodéputés à la suite des déclarations sur la peine de mort tenues le mois dernier par le dirigeant hongrois. Fin avril, Viktor Orbán avait déclaré publiquement que les sanctions existantes pour des crimes graves comme le meurtre étaient « trop faibles » et qu’il fallait faire quelque chose pour remédier à ce problème, évoquant un réexamen de la peine de mort dans son pays.
Les déclarations provocatrices du Hongrois avaient soulevé une levée de boucliers en Europe et plongé dans l’embarras sa famille politique européenne le Parti populaire européen (PPE). Le parti de centre-droit avait alors désavoué les déclarations du dirigeant et réitéré son opposition à la peine capitale.
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Le chef du gouvernement hongrois s’oppose également à Bruxelles au sujet de l’immigration, sujet sur lequel Viktor Orban, a lancé une vaste consultation nationale dans son pays jugée xénophobe par de nombreux observateurs.
La présidence lettone refuse le débat
Lors du débat sur l’agenda de la session le 18 mai, le président du Parlement européen Martin Schulz a expliqué aux eurodéputés avoir reçu un courrier de la présidence lettone de l’UE, expliquant qu’elle ne participerait pas au débat « faute de position du Conseil sur la question ».
Un refus qui a provoqué des réactions outrées parmi les élus européens. « Déclaré que le Conseil n’a aucune position sur des questions aussi fondamentales que l’État de droit, la gouvernance démocratique et les droits fondamentaux, dénote d’une banqueroute morale de l’institution, et donc des États membres » s’est insurgée l’eurodéputée Sophie In’t Veld (ALDE).
Finalement représenté, le Conseil est resté prudent sur les déclarations d’Orban. « Comme vous le savez, le Conseil n’a pas eu l’occasion de débattre de la situation en Hongrie et d’adopter une position à ce sujet » a déclaré sa représentante lors du débat, rappelant l’attachement du Conseil aux droits fondamentaux.
La consultation sur l’immigration dénoncée
Au-delà de la question de la peine de mort, les eurodéputés ont largement dénoncé la consultation publique lancée en Hongrie par le premier ministre. « Ce questionnaire fait le lien entre immigration et terrorisme » a affirmé l’eurodéputée française Marie-Christine Vergiat (GUE).
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« La Commission a-t-elle examiné la compatibilité de ce questionnaire avec la charte des droits fondamentaux ? » a quant à elle interrogé la libérale Sophie in’t Veld. « La façon dont ce questionnaire était rédigé montrait qu’il n’était pas du tout destiné à régler le problème de l’immigration, mais à jeter de l’huile sur le feu et attiser la haine » a également accusé Rebecca Harms, coprésidente du groupe des verts.
De fait, l’opposition du premier ministre hongrois aux propositions de la Commission européenne en matière d’immigration est forte. « La proposition de la Commission sur l’immigration est absurde et à la limite de la folie » a-t-il martelé. Le dirigeant a notamment fustigé la proposition de quotas pour répartir les demandeurs d’asile entre les États membres. « Les quotas sont une mesure incitative pour les passeurs et les trafiquants ! ».
Sanctions
Le seul recours possible de l’UE face à une violation des droits de l’homme dans un État membre est un recours à l’article 7 du traité sur l’Union européenne, qui permet en cas de « risque clair de violation grave par un État membre » des valeurs telles que «le respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, de l’État de droit, ainsi que de respect des droits de l’homme » de suspendre les droits de vote au Conseil de l’État en question.
Une procédure qui n’a jusqu’ici été utilisée qu’une fois en 2000 contre l’Autriche, au moment de l’entrée du Parti autrichien de la liberté de Jörg Haider, un parti d’extrême droite, au sein du gouvernement.
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« L’abolition de la peine de mort est une condition que les États doivent remplir pour intégrer l’UE » a rappelé le vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans. « La réintroduction de la peine de mort par un État membre mènerait donc à l’application de l’article 7. […]La Commission prête à prendre toutes les mesures nécessaires, nous n’hésiterons pas une seule seconde.