Viktor Ianoukovitch pourrait offrir à Vladimir Poutine un accord gazier
Le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, a laissé entendre qu’il serait prêt à céder une certaine partie du contrôle du système de gazoducs de son pays, qui achemine du gaz russe vers l’Europe, en amont d’une réunion aujourd’hui (4 mars) avec son homologue russe.
Le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, a laissé entendre qu’il serait prêt à céder une certaine partie du contrôle du système de gazoducs de son pays, qui achemine du gaz russe vers l’Europe, en amont d’une réunion aujourd’hui (4 mars) avec son homologue russe.
Le président Ianoukovitch a indiqué que l'Ukraine n'abandonnerait pas ses gazoducs à la Russie, mais offrirait au Kremlin une certaine partie du contrôle sur ses infrastructures.
« Nous ne voulons pas négocier notre souveraineté sur cette question et nous ne le ferons pas. Il est cependant évident que nous devons faire certaines concessions et trouver le prix que la Russie acceptera [de payer] afin de revoir le contrat », a-t-il déclaré au Moscow Times avant de se rendre en Russie pour rencontrer le président Vladimir Poutine.
Il a laissé entendre que cette concession pourrait prendre la forme d'une entreprise commune entre l'Ukraine et la Russie grâce à laquelle Gazprom, qui détient le monopole de l'exportation de gaz russe, louerait partiellement ou entièrement le système ukrainien de gazoducs.
« Notre proposition est très simple. Le réseau gazier resterait propriété de l’État. Une entreprise pourrait être créée pour louer ces gazoducs, garantir le volume du transit et la modernisation du réseau », a-t-il déclaré.
M. Ianoukovitch devait discuter des prix du gaz avec M. Poutine en décembre 2012, mais a annulé à la dernière minute. Il a expliqué que la rédaction de documents officiels demandait davantage de temps.
La visite de M. Ianoukovitch à Moscou survient après un sommet UE-Ukraine, longtemps retardé, qui a eu lieu le 25 février. Le président du Conseil, Herman Van Rompuy, a déclaré à Viktor Ianoukovitch que l'UE souhaitait que l'Ukraine prenne des « mesures déterminées » et réalise des « progrès tangibles » concernant les droits de l’Homme d’ici deux mois, notamment l’emprisonnement de l’ancienne première ministre Ioulia Timochenko.
Grâce éventuelle pour l'allié de Ioulia Timoshenko
Lors de cette conférence de presse à Kiev, M. Ianoukovitch a indiqué qu'il pourrait gracier l'ancien ministre de l'intérieur Iouri Loutsenko, un allié proche de Mme Timochenko.
M. Loutsenko a été condamné à quatre ans de prison en février 2012 pour abus de pouvoir et détournement. Selon sa famille, son état de santé s'est dégradé en prison.
« Il est dans un état inquiétant », a reconnu le président Ianoukovitch. « Si la Cour de cassation ne le libère pas, je considèrerai la possibilité de le gracier. »
Le plus haut tribunal de l'Ukraine n'a pas encore fixé la date de l'appel.
« L'affaire Timochenko est très compliquée : le nouveau Code pénal autorise la clémence dans des affaires économiques, mais seulement si les pertes de l'État sont couvertes », a ajouté le président ukrainien. Mme Timochenko « devrait réfléchir à la manière de rembourser les pertes qu'elles a causées ».
Ioulia Timochenko est accusée d'avoir interféré dans les discussions entre l'entreprise publique ukrainienne Naftogaz et l'entreprise russe Gazprom en 2009, demandant au directeur de Naftogaz de l'époque, Oleg Doubina, de signer un accord stipulant le prix « énorme » de 450 dollars (334 euros) par 1 000 mètres cubes, le prix normal étant de 185 dollars (137 euros).
De plus, ce contrat prévoyait une amende de 300 % du prix du gaz si l'Ukraine refusait d'appliquer le principe du « take or pay ». Ces prix plus élevés pour le gaz auraient dû résulter en une augmentation des frais de transit facturés à Gazprom par l'Ukraine, mais Mme Timochenko a bloqué ce processus au détriment de l'Ukraine, a déclaré le procureur.
Selon les procureurs, cet accord coûte à l'Ukraine plus de 300 millions d'euros.