Vignes : pour le commissaire à l’Agriculture, "la libéralisation n’est pas une option"
Dans un discours prononcé à Budapest devant les syndicats agricoles européens Dacian Ciolos a proposé que la future réglementation sur les vignes concerne "l’ensemble des vins".
Dans un discours prononcé à Budapest devant les syndicats agricoles européens Dacian Ciolos a proposé que la future réglementation sur les vignes concerne « l’ensemble des vins ».
A la mi-septembre, la Commission européenne a fait un premier pas en avant dans le dossier de la libéralisation des droits de plantations viticoles.
Les experts réunis au sein d’un groupe de haut niveau formé par Bruxelles en janvier 2012 ont proposé de réintroduire des outils de gestion pour les vins d’appellation d’origine et d’indication géographique contrôlées (AOC / IGC).
Cette ouverture a immédiatement été jugée insuffisante par les viticulteurs. Pour eux, toutes les terres doivent être concernées.
Gestion nationale
Soutenus par 16 États dont la France, les professionnels veulent continuer à maîtriser leur production. Ils bataillent contre une directive adoptée en 2008, qui supprimera d’ici la fin de l’année 2018 l’obligation actuelle de posséder un droit avant de planter de nouvelles vignes.
Lors de son discours devant le congrès de la COPA-COGECA (syndicats agricoles européens) le 2 octobre, le commissaire à l’Agriculture a précisé sa position. Pour Dacian Ciolos, « la libéralisation n’est pas une option » et il est nécessaire de mettre en place « un filet de sécurité européen, une gestion nationale des autorisations pour l’ensemble des vins ».
M. Ciolos est ainsi beaucoup plus audacieux que le groupe de haut niveau puisqu’aucune production ne serait exclue, quelle que soit son aire géographique.
Modernisation
Ces divergences de point de vue au sein de la Direction générale de l’Agriculture s’expliquent par les réticences de certains hauts fonctionnaires à revenir sur une réforme qu’ils ont eux-mêmes mise en place lors de la précédente mandature de la commission, a souligné une source proche du dossier à EURACTIV.fr.
M. Ciolos souhaite pourtant modifier les procédures. La nouvelle régulation « doit faire plus de place aux producteurs (…) et doit permettre au secteur de se développer tout en ayant des outils au niveau communautaire pour éviter les sorties de route ». Une supervision serait donc prévue.
Pour assouplir les conditions dans lesquelles les vignes peuvent être plantées, le commissaire veut passer d’un système de droits disponibles limités, à un système d’autorisation, plus souple et plus flexible, avec des pouvoirs délégués aux organisations de viticulteurs. Dans les régions d’AOC ou d’IGC, elles existent déjà. Mais ce n’est pas toujours le cas ailleurs.