Victoire historique contre les conservateurs en Slovénie : les citoyens font le choix d’un gouvernement progressiste
Les Slovènes ont massivement voté en faveur d’un changement, mettant fin au règne de Janez Janša et confiant les rênes du pays à Robert Golob, le leader du Mouvement de la liberté, un parti écologiste.
Les Slovènes ont massivement voté en faveur d’un changement, mettant fin au règne de Janez Janša dimanche (24 avril) et confiant les rênes du pays à Robert Golob, le leader du Mouvement de la liberté, un parti écologiste, qui devrait être à la tête d’une coalition progressiste.
Après dépouillement de la quasi-totalité des bulletins de vote, le Mouvement de la liberté a remporté 34,5 % des suffrages, ce qui lui donne 41 sièges à l’Assemblée nationale de 90 membres, il s’agit du meilleur score obtenu par un seul parti politique à ce jour. Le Parti démocratique de M. Janša (SDS) a obtenu 23,5 % des voix, soit une baisse de près d’un point et demi par rapport à l’élection de 2018, mais a gagné deux sièges au Parlement, passant à 27.
Parallèlement, seuls cinq partis ont atteint le seuil de 4 % nécessaire pour entrer au Parlement, il s’agit du nombre le plus bas depuis l’indépendance du pays.
La Nouvelle Slovénie (NSi), partenaire de coalition de M. Janša dans le gouvernement sortant, a recueilli 6,9 % pour obtenir huit sièges, soit un de plus que lors de l’élection précédente.
Les sociaux-démocrates (SD) ont quant à eux recueilli 6,7 % des voix et obtenu sept sièges, soit trois de moins que lors de l’élection précédente, et la gauche a quant à elle réussi à se glisser dans le peloton de tête avec 4,4 % des voix et cinq sièges, soit une réduction de moitié par rapport aux dernières élections.
Ce résultat signifie que la Slovénie va se doter d’un gouvernement de centre gauche avec une majorité confortable, puisque Robert Golob, le leader du Mouvement de la liberté, devrait former une coalition avec le SD et la gauche, qui aurait un total de 53 sièges.
« Aujourd’hui, les rêves sont devenus réalité, non seulement nos rêves mais aussi ceux d’une grande partie de la Slovénie », a déclaré M. Golob en s’adressant à ses électeurs par vidéoconférence en raison de son isolement dû à la Covid-19, ajoutant : « Nous pensons que le pouvoir appartient en réalité au peuple et non aux partis qui l’ont usurpé ces 30 dernières années ».
Slovénie : Robert Golob, un nouveau venu en politique, a renversé le controversé Janez Jansa aux législatives https://t.co/KkM9AnEp6o – source/editor :
— EUwatchers (@EUwatchers) April 25, 2022
M. Golob et d’autres dirigeants de partis de centre gauche ont souligné que le taux de participation élevé (69,7 %) montrait à quel point les citoyens voulaient en finir avec le gouvernement de centre droit de M. Janša, souvent critiqué pour avoir utilisé la pandémie de Covid comme prétexte pour restreindre les libertés individuelles et attaquer des institutions indépendantes telles que le système judiciaire et les médias.
La société civile a également contribué à la forte participation, a déclaré M. Golob, ajoutant que sans cette société civile dévouée, la Slovénie n’aurait pas connu la liberté au cours des 18 derniers mois.
Avec les autres partis de centre gauche, il a répété à plusieurs reprises que leur première démarche serait de soutenir un projet de loi global parrainé par la société civile et visant à abroger ce qu’ils considèrent comme des lois et des mesures préjudiciables adoptées par le gouvernement sortant.
M. Janša a félicité M. Golob et son Mouvement de la liberté pour leur victoire, mais il a estimé que le SDS en sortait plus fort grâce à un plus grand nombre de sièges au Parlement, ayant remporté de nombreuses circonscriptions électorales, y compris celles où il n’avait jamais gagné auparavant, comme une partie de Velenje, également connue sous le nom de Fort Rouge pour son soutien traditionnel aux partis de gauche.
Il a lui aussi salué le taux de participation élevé, mais a déclaré que l’élection montrait le mécontentement de la population à l’égard de l’opposition, qui, selon lui, a été « pratiquement balayée du Parlement ».
M. Golob, expert en énergie de 55 ans originaire de la région occidentale de Primorska, a décidé de défier M. Janša aux élections après avoir échoué à obtenir le soutien des électeurs à la fin de l’année dernière pour un nouveau mandat en tant que PDG de GEN-I, après 15 ans à la tête de ce négociant en énergie appartenant indirectement à l’État.
Il a pris la tête d’un petit parti écologiste et l’a rebaptisé Mouvement de la liberté lors d’un congrès organisé fin janvier, avec plusieurs professionnels qui ont perdu ou abandonné leur carrière sous le gouvernement actuel, en promettant de se concentrer sur l’agenda écologique, une société ouverte, la normalisation et un État-providence moderne.
Le Mouvement de la liberté, un nouveau venu sur la scène politique, suit un schéma observé avant chaque élection parlementaire depuis 2011, lorsque la Slovénie positive, un parti de centre gauche créé par le maire de Ljubljana, Zoran Janković, et dont M. Golob était membre, avait gagné mais n’était pas parvenu à former un gouvernement.