Vers des "montagnes de tubes de dentifrice" dans les aéroports européens?¨[FR]

En colère, des députés européens ont demandé au commissaire en charge des transports, Jacques Barrot, de réviser les récentes règles européennes interdisant aux passagers d'emporter en cabine plus de 100 millilitres de liquides.

En colère, des députés européens ont demandé au commissaire en charge des transports, Jacques Barrot, de réviser les récentes règles européennes interdisant aux passagers d’emporter en cabine plus de 100 millilitres de liquides.

Le 12 janvier, les députés européens ont remis en question au cours d’un débat la nécessité des mesures de sécurité aérienne draconniennes en vigueur depuis novembre 2006 (lire EURACTIV 6/11/06) et ont critiqué la manière chaotique dont elles ont été appliquées dans certains aéroports.

Selon les députés européens, plus de 20 tonnes de biens hors taxe sont confisqués chaque semaine à l’aéroport de Francfort, ainsi que 1600 litres d’alcool et de parfum à Amsterdam, la Commission exigeant que seuls 100 millilitres de liquides puissent être emportés à bord par les passagers, à condition qu’ils soient contenus dans des sacs plastiques transparents fermés.

Ces règles ont été établies après la découverte en août 2006 d’un complot terroriste visant à introduire des explosifs liquides à bord des avions, à l’aéroport d’Heathrow de Londres (lire EURACTIV 21/08/06). Cependant, les passagers hésitent toujours sur le type d’articles autorisés en cabine. 

Selon le député libéral espagnol, Ignasi Guardans Cambo, « les citoyens n’ont pas les moyens de se défendre contre le pouvoir absolu d’un individu privé portant l’uniforme. Ils n’ont qu’à se taire ou à annuler leur vol ».

Selon le député autrichien Reinhard Rack, appartenant au groupe de centre-droit PPE-DE, ces mesures sont prises sans même savoir si elles contribuent véritablement à la poursuite des terroristes ou si elles ne font au contraire qu’harceler des passagers de plus en plus irrités. R. Rack a déclaré: « Personne ne semble savoir – ou se préoccuper de savoir – si ces règles sont efficaces, aucune évaluation n’ayant été mise en place ou aucun résultat de ces évaluations n’ayant été publié ». 

Le Commissaire Barrot a déclaré qu’il mènerait une évaluation de ces règles, ajoutant qu’il « ne se réjouissait pas de devoir introduire ces mesures » et qu’il espérait que les nouvelles technologies finiraient par y mettre un terme.

Le commissaire Barrot a également précisé que l’application de ces règles serait étendue au-delà des frontières de l’UE pour plus d’efficacité.