Verheugen : "l'Europe a besoin d'une base industrielle forte" [FR]

Dans un entretien exclusif accordé à EURACTIV, le vice-président de la Commission européenne, Günter Verheugen, souligne que la relance de la stratégie de Lisbonne a déjà permis d'obtenir des progrès notables, et appelle de ses voeux la mise en oeuvre de politiques industrielles plus efficaces au niveau sectoriel.

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Dans un entretien exclusif accordé à EURACTIV, le vice-président de la Commission européenne, Günter Verheugen, souligne que la relance de la stratégie de Lisbonne a déjà permis d’obtenir des progrès notables, et appelle de ses voeux la mise en oeuvre de politiques industrielles plus efficaces au niveau sectoriel.

Sur la deuxième phase de la stratégie de Lisbonne et l’objectif de croissance et d’emploi

Le Commissaire Verheugen estime que le « partenariat » qu’il a cherché à nouer avec les Etats membres (pour amener ceux-ci à mettre en oeuvre les réformes économiques et sociales nécessaires) commence aujourd’hui à porter ses fruits. Il se dit convaincu que les Etats membres présenteront leurs plans d’action nationaux en vue de la réalisation des objectifs de Lisbonne selon le calendrier prévu (avec une échéance fixée à octobre 2005).

Sur les dimensions sociale et environnementale de la stratégie de Lisbonne

M. Verheugen confirme que les trois dimensions de la stratégie de Lisbonne sont placées sur un pied d’égalité par la Commission, tout en soulignant que la prospérité socio-économique constitue le socle indispensable à la mise en oeuvre de politiques de cohésion sociale et de protection de l’environnement. « La croissance économique et l’emploi ne suffisent pas à garantir des niveaux satisfaisants de cohésion sociale et de développement durable, mais sans [ces deux éléments] vous ne pouvez rien obtenir », souligne-t-il.

Sur le fonctionnement de la Commission

Le Commissaire affirme que des progrès notables sont actuellement effectués – notamment au sein du collège des Commissaires – dans le sens d’une meilleure coordination horizontale des politiques préparées au niveau des DG. Mais il est également prompt à reconnaître que des luttes de pouvoir continuent à miner les relations entre les différents services de la Commission. « La coordination interne demeure perfectible au sein de la Commission », estime M. Verheugen.

Sur REACH

Accusé par plusieurs ONG environnementalistes de vouloir réduire la portée du projet de législation européenne sur les produits chimiques, Günter Verheugen précise, dans son entretien avec EURACTIV, ses vues et ses intentions sur le sujet. Annonçant que des amendements majeurs seront apportés au texte après son passage en première lecture au Parlement européen, le Commissaire se dit déterminé à rendre les dispositions de REACH applicables par l’industrie et « compatibles avec la stratégie de Lisbonne ». Ceci étant posé, M. Verheugen n’hésite pas à admettre que la facture estimée de REACH a pu être, « dans le passé, pour le moins légèrement exagéré ». « En termes de coûts, REACH n’est pas le monstre que l’on a décrit », insiste le Commissaire. M. Verheugen exprime par ailleurs le souhait que « la version finale de REACH soit un modèle pour d’autres pays ou ensembles de pays industrialisés, et pas seulement les Etats-Unis [où REACH a inspiré un projet de loi récemment présenté devant la Chambre des représentants – voir EURACTIV, 19 juillet 2005, NDLR] ».

Sur la politique industrielle 

La DG Entreprise doit publier une nouvelle communication sur la politique industrielle de l’UE au mois de septembre 2005 – communication dont le Commissaire Verheugen a accepté de présenter les principaux éléments dans le cadre de cet entretien. Le texte abordera ainsi des sujets horizontaux tels que ceux de la propriété intellectuelle et de la contrefaçon, mais il visera surtout à favoriser la mise en place de cadres réglementaires adaptés à chaque secteur industriel, indique le Commissaire.

Soulignant que l’UE « a besoin d’une base industrielle forte », M. Verheugen affirme par ailleurs que l’Europe « ne peut protéger [ses] industries de la concurrence internationale » ; selon lui, « il est impossible de revenir au bon vieux temps du protectionnisme et de l’interventionnisme économique de l’Etat ». 

Sur la Turquie et les futures élections législatives en Allemagne 

Le Commissaire allemand ne pense pas qu’un changement de gouvernement dans son pays puisse modifier en profondeur la nature de la relation entre Berlin et Bruxelles : « Je ne crois pas que, d’une façon générale, la direction politique et l’attitude du pays à l’égard du projet d’intégration européenne puissent réellement changer. » Günter Verheugen – qui fut Commissaire à l’élargissement dans l’équipe Prodi – se dit par ailleurs convaincu que les négociations d’adhésion avec la Turquie commenceront bien en octobre prochain, et ce malgré l’opposition de la CDU d’Angela Merkel à l’égard de la candidature d’Ankara. 

Veuillez cliquer ici pour lire cet entretien dans son intégralité (en anglais).