Utilisation des fonds structurels pour aider la Grèce
Tandis que la décision de la zone euro continue de se faire attendre au sujet d’une nouvelle aide pour voler au secours de l’économie grecque accablée par sa dette, hier soir (23 juin), les dirigeants européens ont approuvé la proposition de la Commission visant à mettre de l’ordre dans le secteur public du pays en utilisant les fonds structurels européens.
Tandis que la décision de la zone euro continue de se faire attendre au sujet d’une nouvelle aide pour voler au secours de l’économie grecque accablée par sa dette, hier soir (23 juin), les dirigeants européens ont approuvé la proposition de la Commission visant à mettre de l’ordre dans le secteur public du pays en utilisant les fonds structurels européens.
La proposition du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, pour restructurer l'administration publique de la Grèce grâce à l'utilisation des fonds structurels a reçu le soutien des dirigeants européens lors d'une réunion qui s'est terminée tard dans la soirée, hier à Bruxelles.
Des sources diplomatiques ont néanmoins critiqué cette décision qui, selon eux, ressemble à un exercice d'« édification de la nation dans un pays du tiers monde ».
Alors que l'apport d'une aide de l'UE et du FMI à la Grèce n'a pas encore été confirmé, dans la mesure où le parlement du pays doit encore approuver un plan d'austérité de 28 milliards d'euros la semaine prochaine, les dirigeants de l'UE ont discuté de la manière de relancer l'économie grecque « sur le terrain », a déclaré hier soir M. Barroso lors d'une conférence de presse.
M. Barroso avait déjà annoncé plut tôt cette semaine qu'il souhaitait « concentrer » les fonds structurels mis de côté pour les projets régionaux en Grèce afin d'aider le pays à reconstruire son secteur public.
Hier soir, le président de la Commission a déclaré qu'il souhaitait notamment financer de nouveaux systèmes d’information pour l'administration fiscale grecque submergée.
Il a souligné que le budget européen mettait plus de 20 milliards d’euros à la disposition de la Grèce pour la période 2007-2013, et qu’un quart seulement avait déjà été dépensé ; il a ajouté que sur les 675 millions d'euros des fonds structurels alloués à la Grèce pour l’assistance technique, 420 millions n'avaient pas encore été utilisés.
« Ce soir, nous avons discuté de la manière d'utiliser ces fonds pour maximiser un impact immédiat sur la croissance en Grèce », a déclaré M. Barroso lors d'une conférence de presse.
« Cette fois-ci, ils veulent donner une image positive », a affirmé un diplomate, expliquant que la Commission souhaitait être porteuse de bonnes nouvelles, pour une fois.
M. Barroso a annoncé que la Commission allégerait également de 50 à 15 % l’obligation du pays de cofinancer des projets européens grâce à l'utilisation des fonds structurels.
« J'ai demandé aux Etats membres de travailler avec la Commission pour fournir toute l'assistance technique possible afin que l'on puisse obtenir cet argent au plus tôt », a annoncé le président.
La Grèce, un pays du tiers monde ?
« Vous savez ce qu'il en est. Il s'agit de la construction d'une nation, de quelque chose que l'on fait dans le tiers monde », a commenté un diplomate de l'UE hier soir, affirmant que l'initiative de M. Barroso avait surpris plus d'un gouvernement.
La Commission demandera également aux Etats membres de détacher des experts de leurs gouvernements pour aider Athènes à restructurer son administration publique. Dans les coulisses, les diplomates parlent d'un manque total de confiance en la capacité de la Grèce à résoudre ses propres problèmes de dette.
Le gouvernement grec rencontre des difficultés à restaurer son image depuis que la Commission a révélé l'année dernière qu'il avait fourni des statistiques boiteuses sur son déficit et qu'il a arrangé les termes du programme d'austérité pour tenter de faire passer la pilule au gouvernement national.
Le gouvernement peine à s'assurer le soutien du pays pour les mesures d'austérité qui vont de pair avec un second renflouement de 120 milliards d'euros.
Des experts du Fonds monétaire international, de la Commission européenne et de la Banque centrale européenne se sont également réunis hier soir pour tenter de trouver les 5,5 milliards d'euros manquant encore au programme de 28 milliards.
Les experts se seraient mis d'accord pour abaisser le seuil des revenus imposables de 12 000 à 8 000 euros par an, augmenter les taxes sur les combustibles de chauffage et imposer une taxe minimum aux travailleurs indépendants, connus pour des problèmes de fraude fiscale.
Le parlement grec devrait discuter de ces nouvelles mesures et du programme dans son ensemble ce matin. Un vote est attendu pour mardi prochain (28 juin).
Claire Davenport– traduit de l'anglais par Amandine Gillet