Washington rétablit le statut diplomatique de l’ambassadeur de l’UE

Après avoir rétrogradé le statut diplomatique de l’ambassadeur de l’UE l’an dernier, l’administration américaine est revenue sur sa décision.

EURACTIV.com
epaselect epa06910580 US President Donald J. Trump (R) and European Commission President Jean-Claude Juncker (L) make a joint statement in the Rose Garden of the White House in Washington, DC, USA, 25 July 2018. The President said that the US and EU have agreed to work towards zero tariffs, barriers, and subsidies.  EPA-EFE/JIM LO SCALZO
La déclaration commune du président américain, Donald Trump, et du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, à la Maison-Blanche, à Washington. [EPA-EFE/JIM LO SCALZO] [EPA-EFE/JIM LO SCALZO]

Après avoir rétrogradé le statut diplomatique de l’ambassadeur de l’UE l’an dernier, l’administration américaine est revenue sur sa décision.

Le département d’État des États-Unis a déclaré qu’il reconnaîtra désormais « la représentation de l’UE à Washington en tant que mission bilatérale dans l’ordre de préséance du corps diplomatique » et que « le secrétaire d’État Mike Pompeo avait demandé au Chef du protocole de prendre les mesures nécessaires à ce rétablissement », ajoutant que le changement « prendra effet immédiatement ».

Cette décision arrive en réaction à des plaintes de l’UE. Lors funérailles nationales de l’ancien président George Bush au début du mois de décembre, le chef de la délégation de l’Union européenne, David O ‘Sullivan, n’avait pas été appelé dans l’ordre chronologique habituel et son nom avait été prononcé après tous les autres. Dans l’ordre de préséance du corps diplomatique, David O ’Sullivan figurait seulement après les ambassadeurs, classés selon la date de présentation de leurs lettres de créance.

Avant d’être déclassé, David O’Sullivan aurait été classé parmi les 20 à 30 premiers ambassadeurs sur plus de 150 représentants étrangers à Washington. Selon le protocole diplomatique, en tant que représentant d’une « organisation internationale », David O’ Sullivan était au même niveau que l’ambassadrice de l’Union africaine, Arikana Chihombori Quao. Les diplomates européens ont interprété cette décision comme le reflet d’une tension entre Washington et Bruxelles, l’administration américaine n’ayant pas notifié l’UE au préalable, comme le requiert la courtoisie diplomatique.

David O’ Sullivan a quant à lui qualifié la rétrogradation d’ « incident malheureux ». Sans pour autant tenter de justifier la décision de l’an dernier, l’ambassadeur des États-Unis auprès de l’UE a déclaré que l’UE « est une organisation d’une importance capitale et l’un des partenaires les plus précieux des États-Unis pour le maintien de la sécurité et de la prospérité dans le monde », ajoutant que « la sécurité et le succès de l’Europe sont inextricablement liés au destin des États-Unis, et ce niveau d’engagement et de coopération doit être reconnu formellement ».

Le rétablissement du statut de l’ambassadeur européen correspond toutefois à l’entrée en fonctions du nouvel ambassadeur de l’UE à Washington, l’ancien eurodéputé grec Stavros Lambrinidis, qui remplacera David O’ Sullivan, ambassadeur depuis 2014.

Lors d’une visite à Bruxelles en février, une délégation de haut-rang de législateurs américains dirigée par la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi, a tenu à rassurer l’UE de l’engagement continu de Washington dans les relations transatlantiques et l’OTAN.

Certains membres de la délégation ont critiqué la rétrogradation, comme le membre du Congrès Gerry Connolly qui l’a qualifiée « de grave erreur » qu’il espérait voir « rectifiée très rapidement ».