Ursula von der Leyen promet un revenu équitable pour les agriculteurs si elle est réélue à la tête de la Commission
Ursula von der Leyen s’est engagée à garantir un revenu équitable aux agriculteurs européens lors de son discours devant le Parlement jeudi (18 juillet), répondant ainsi à l’une des principales demandes formulées lors des manifestations du monde agricole du début de l’année.
La présidente sortante de la Commission européenne en lice pour un second mandat s’est engagée à garantir un revenu équitable aux agriculteurs européens lors de son discours devant le Parlement européen jeudi (18 juillet). Un moyen pour Ursula von der Leyen de répondre à l’une des principales demandes formulées lors des manifestations du monde agricole qui ont secoué l’UE au début de l’année.
Ursula von der Leyen a tenté, lors de son discours ce matin, de convaincre les eurodéputés de la réélire pour un second mandat à la tête de l’exécutif de l’UE. À cet effet, elle a notamment évoqué un sujet qui a gagné en importance ces derniers mois : le secteur agroalimentaire et les difficultés qu’il rencontre.
Elle a souligné que les agriculteurs ne devraient pas « être contraint[s] » de vendre leurs « bons produits alimentaires à un prix inférieur à leur coût de production ».
La responsable politique allemande n’a toutefois pas donné de détails sur la manière dont elle honorerait un tel engagement. En mars, la Commission von der Leyen a promis d’analyser la mise en œuvre des règles de l’UE sur les pratiques commerciales déloyales et d’accroître la transparence de la chaîne alimentaire en réponse aux manifestations des agriculteurs.
« Nous devons renforcer la place qu’occupent nos agriculteurs et nos agricultrices dans la chaîne de valeur agroalimentaire. Et nous avons besoin d’incitations plus intelligentes, de plus d’innovation et d’un meilleur accès aux capitaux », a-t-elle ajouté, faisant référence au faible pouvoir de négociation des producteurs agricoles face aux centrales d’achats.
La mise en œuvre de la directive sur les pratiques commerciales déloyales diffère d’un État membre à l’autre, certains appliquant des règles plus strictes que d’autres. Par exemple, la loi espagnole sur la chaîne alimentaire contient une clause interdisant les ventes à perte.
Le président français Emmanuel Macron avait également fait allusion à l’introduction de prix planchers au plus fort des manifestations d’agriculteurs, une proposition que son propre ministre de l’Agriculture avait qualifiée de « démagogique » quelques mois plus tôt.
Les économistes agricoles se sont montrés sceptiques quant à l’établissement de prix planchers, notant que ceux-ci ne sont pas la solution miracle pour résoudre le problème de la rétribution des agriculteurs.
Un avenir incertain
Ursula von der Leyen a déclaré jeudi que ses promesses sur l’avenir de l’agriculture se préciseraient au cours des 100 premiers jours de son nouveau mandat, lorsque sa nouvelle Commission dévoilera son « Plan pour l’agriculture et l’alimentation », comme indiqué dans ses orientations politiques pour la législature 2024-2029.
« Je présenterai, au cours des 100 premiers jours, une vision pour l’agriculture et l’alimentation, qui examinera comment assurer la compétitivité et la durabilité à long terme de notre secteur agricole, dans les limites de notre planète », peut-on lire dans le document.
Cette vision sera basée sur les résultats du dialogue stratégique sur l’avenir de l’agriculture, une initiative lancée en janvier 2024 par la présidente, qui rassemble autour d’une même table des représentants de l’ensemble de la chaîne alimentaire, des ONG et des experts.
Ursula von der Leyen n’a mentionné la « nature » qu’une seule fois dans son discours, lorsqu’elle a fait référence à la compensation que les agriculteurs devraient recevoir s’ils observaient une approche durable de celle-ci.
Actuellement, les agriculteurs peuvent recevoir des paiements au titre des éco-régimes de la Politique agricole commune (PAC) s’ils adoptent volontairement des mesures agricoles respectueuses de l’environnement.
« Quiconque a une approche durable de la nature et de la biodiversité et contribue à l’équilibre du budget carbone doit être récompensé en conséquence », a souligné Mme von der Leyen.
« Nos agriculteurs et agricultrices façonnent nos paysages. Ils façonnent le visage de l’Europe. Ils constituent un pan de notre culture. Ils garantissent notre sécurité alimentaire », a-t-elle affirmé.
Toutefois, ses promesses en matière de développement durable sont modestes. La candidate a évoqué les « effets dévastateurs » du changement climatique dans les champs et les forêts, notant que les agriculteurs sont de plus en plus touchés par les conditions météorologiques extrêmes et la pénurie d’eau.
Pour s’attaquer à ce problème, elle a annoncé que la future Commission présenterait un « plan pour l’agriculture pour lui permettre de réussir la nécessaire adaptation au changement climatique ». Elle a également promis de dévoiler une stratégie pour une gestion durable de l’eau.
« Ce n’est pas seulement notre sécurité alimentaire qui en dépend, mais aussi notre compétitivité dans son ensemble », a-t-elle conclu.
Maria Simon Arboleas a contribué à la rédaction de cet article.