Ursula von der Leyen pourrait accorder une vice-présidence exécutive de la Commission à l’Italie

Ursula von der Leyen envisagerait d’accorder à l’Italie une vice-présidence exécutive de la Commission européenne, bien que le groupe CRE auquel appartient le parti de Giorgia Meloni ne fasse pas partie de la majorité pro-UE au Parlement européen.

/ EURACTIV Italie
European Council meeting in Brussels
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen (à gauche) et la Première ministre italienne Giorgia Meloni (à droite). [[EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]]

Le leader de Forza Italia (Parti populaire européen, PPE) au Parlement européen, Fulvio Martusciello, a confirmé qu’Ursula von der Leyen envisageait d’accorder à l’Italie une vice-présidence exécutive de la Commission européenne, bien que le groupe des Conservateurs et Réformistes européens (CRE), auquel appartient le parti de Giorgia Meloni, Fratelli d’Italia, ne fasse pas partie de la majorité pro-UE au Parlement européen.

Le Collège des commissaires, qu’Ursula von der Leyen s’attelle à présent à former, est composé de la présidente de la Commission elle-même, de la Haute représentante de l’Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité Kaja Kallas, ainsi que de 27 commissaires, parmi lesquels on retrouvera des vice-présidents et vice-présidents exécutifs.

Fulvio Martusciello a expliqué dans un communiqué que Manfred Weber, chef du PPE, avait exposé la stratégie de la présidente de la Commission, également membre du parti de centre droit, lors d’une réunion du groupe. Il a déclaré qu’il y aurait « 14 commissaires issus du PPE » et que quatre vice-présidents exécutifs seraient désignés, l’une de ces positions revenant à Rome.

« Manfred Weber a rappelé une réunion auquel il a participé la semaine dernière avec Antonio Tajani et Giorgia Meloni et a souligné la nécessité pour l’Italie de jouer un rôle de premier plan dans la prochaine Commission. Ainsi, l’Italie, dans une Commission avec une forte présence du PPE de 14 commissaires, sera un acteur clé », a ajouté Fulvio Martusciello.

Le leader de Forza Italia n’a pas précisé les portefeuilles que le candidat commissaire proposé par Rome, l’actuel ministre italien des Affaires européennes Raffaele Fitto (Fratelli d’Italia), pourrait se voir attribuer.

Mardi 3 septembre, le journal Die Welt suggérait que le ministre italien pourrait être chargé des affaires économiques et du Fonds de relance.

Une victoire pour Meloni

Si ce scénario se confirme, il s’agirait d’une victoire importante pour la Première ministre italienne, Giorgia Meloni.

En effet, depuis les élections européennes de juin — qui ont renforcé son parti, contrairement aux partis au pouvoir dans des pays comme la France et l’Allemagne —, elle n’a de cesse de demander que l’Italie joue un rôle de premier plan au niveau européen.

Les analystes avaient pensé que le choix de la Première ministre de voter contre la reconduction d’Ursula von der Leyen avait définitivement anéanti les chances de Rome d’obtenir ce qu’elle désirait.

L’obtention par l’Italie d’une vice-présidence exécutive de la Commission pourrait également donner lieu à un succès politique significatif au niveau national, démontrant que Giorgia Meloni peut obtenir de meilleurs résultats que l’opposition bien qu’elle ne fasse pas partie de la majorité pro-européenne composée du PPE, des Socialistes et Démocrates européens (S&D), de Renew et des Verts/ALE au Parlement européen.

En 2019, le Partito Democratico (PD, S&D) alors au pouvoir avait obtenu le portefeuille de l’économie pour Paolo Gentiloni, mais n’avait pas obtenu de vice-présidence, bien que le S&D était le deuxième plus grand parti au Parlement européen.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]