Ursula von der Leyen invitée à protéger l’industrie européenne de l’hydrogène

La présidente de la Commission européenne, qui devrait bientôt être reconduite pour un second mandat, fait l’objet de pressions de la part de l’industrie européenne de l’hydrogène afin que la prochaine enchère de la Banque européenne de l’hydrogène soit réservée aux producteurs de l’UE.

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« L’écosystème européen de l’hydrogène est bien placé pour contribuer à atteindre les objectifs de la transition énergétique », explique Jorgo Chatzimarkakis, directeur général du groupe de pression Hydrogen Europe, dans une lettre envoyée à Ursula von der Leyen mercredi (3 juillet). [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

La présidente de la Commission européenne, qui devrait bientôt être reconduite pour un second mandat, fait l’objet de pressions de la part de l’industrie européenne de l’hydrogène afin que la prochaine enchère de la Banque européenne de l’hydrogène, d’un montant de 1,2 milliard d’euros, soit réservée aux producteurs de l’UE.

L’hydrogène est considéré comme un élément clé de la production d’acier, de ciment et de produits chimiques décarbonés. Historiquement, les fabricants de l’UE ont réussi à s’approprier une part importante du marché mondial dans ce secteur, mais comme la Chine augmente sa production et souhaite se lancer dans l’exportation, l’industrie est à la recherche de soutien.

« L’écosystème européen de l’hydrogène est bien placé pour contribuer à atteindre les objectifs de la transition énergétique », explique Jorgo Chatzimarkakis, directeur général du groupe de pression Hydrogen Europe, dans une lettre envoyée à Ursula von der Leyen mercredi (3 juillet).

Selon lui, l’hydrogène a besoin « d’un vice-président exécutif de la Commission européenne expérimenté et compétent qui serait responsable de l’industrie propre et doté d’un mandat politique fort ».

L’année dernière Maroš Šefčovič a repris le portefeuille du Pacte vert pour l’Europe (Green Deal) après le départ de Frans Timmermans de la Commission. Hydrogen Europe avait alors fait pression pour qu’il obtienne le poste. Le Slovaque réintègrera le collège des commissaires pour un quatrième mandat, bien que le portefeuille qui lui sera attribué n’a pas encore été annoncé.

Pleins feux sur les électrolyseurs

L’industrie européenne de l’hydrogène a une longue liste de demandes législatives à adresser à Ursula von der Leyen, notamment des mesures visant à répondre à la menace que représentent les électrolyseurs étrangers et moins chers.

Les électrolyseurs sont des équipements qui, alimentés par des énergies renouvelables, permettent de produire de l’hydrogène décarboné. Les dirigeants politiques sont intéressés par la production de cette technologie au niveau européen, étant donné son potentiel de création d’emplois et de renforcement de l’indépendance énergétique du continent.

Jorgo Chatzimarkakis préconise « d’aligner les coûts des émissions de CO2 incorporées dans les biens et produits importés sur les coûts nationaux grâce à une révision du système d’échange de quotas d’émission et à une expansion ciblée des secteurs soumis au mécanisme d’ajustement aux frontières pour le carbone (MACF) ».

Cela signifierait que les fabricants d’électrolyseurs devraient faire face aux mêmes prix pour le CO2, qu’ils produisent à l’intérieur ou à l’extérieur de l’UE.

C’est déjà la deuxième lettre que Mme von der Leyen a reçue cette semaine pour lui demander de protéger les fabricants d’électrolyseurs.

« Notre défi est de veiller à ce que la fabrication d’électrolyseurs européens reste en Europe », avait écrit un groupe de 20 fabricants plus tôt cette semaine.

« La part de l’Europe dans la capacité de production mondiale est de plus en plus éclipsée par la Chine, qui représente 40 %, contre 10 % en 2023 », avaient-t-ils ajouté.

Leurs entreprises peuvent se permettre de perdre de l’argent pendant des années grâce à l’important soutien public dont elles bénéficient, peut-on lire dans la lettre.

Les fabricants estiment que les résultats du premier grand appel d’offres de l’UE pour des subventions à l’hydrogène montrent que les producteurs ont opté pour des électrolyseurs fabriqués en dehors de l’Europe.

Les deux lettres évoquent la prochaine vente aux enchères de la Banque de l’hydrogène prévue dans l’année, au cours de laquelle Bruxelles versera 1,2 milliard d’euros — qui, selon l’industrie, devraient aller aux électrolyseurs de l’UE par le biais d’un « critère de résilience rigoureux ».