Ursula von der Leyen dit oui à l’action climatique et à l’industrie propre
Ursula von der Leyen a réaffirmé son engagement en faveur de l’action climatique et de l’industrie propre lors d'un discours au Parlement européen et dans ses « orientations politiques » ce matin (18 juillet), tout en se limitant à une rhétorique positive sur la protection de la nature.
La présidente sortante de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a réaffirmé son engagement en faveur de l’action climatique et de l’industrie propre lors d’un discours au Parlement européen et dans ses « orientations politiques » ce matin (18 juillet), tout en se limitant à une rhétorique positive sur la protection de la nature.
Le discours de Mme von der Leyen lors de la session plénière de Strasbourg a commencé à 9 heures. Après cela, les groupes politiques pourront débattre avec la présidente sortante puis un vote sur sa reconduction à la tête de la Commission aura lieu à 13 heures.
Son discours, appuyé sur un document reprenant ses « orientations politiques » pour la législature 2024-2029, est le fruit de plusieurs semaines de discussions avec les principaux groupes politiques du Parlement, et a été conçu pour convaincre les députés européens de tous les horizons politiques de soutenir sa candidature.
Giorgia Meloni attend un changement de cap d’Ursula von der Leyen sur le Green Deal
À l’approche du vote du Parlement européen sur la reconduction d’Ursula von der Leyen à…
4 minutes
Climat et environnement
La responsable politique allemande s’est réengagée en faveur des objectifs climatiques de l’Union, notamment l’objectif de réduction des émissions de 90 % des émissions de gaz à effet de serre de l’UE d’ici 2040 par rapport à 1990, qui n’a encore fait l’objet d’aucun accord.
Elle a explicitement défini cet axe sous l’angle de la compétitivité économique. Ses orientations politiques indiquent que l’Europe est engagée dans une course mondiale « qui désignera le premier à parvenir à la neutralité climatique et à mettre au point les technologies qui façonneront l’économie mondiale pour les décennies à venir ».
Toutefois, lors de son discours, Mme von der Leyen a reconnu que l’action climatique était également une question d’« équité intergénérationnelle », affirmant que les jeunes « ne nous pardonneraient pas de ne pas être à la hauteur ».
Elle a ajouté qu’elle récompenserait les agriculteurs qui adoptent « une approche durable de la nature et de la biodiversité et [qui] contribue[nt] à l’équilibre du budget carbone », mais les autres références faites à l’agriculture se sont concentrées sur l’aide qui serait apportée aux agriculteurs européens.
Dans son discours, l’Allemande a établi un lien explicite entre les intérêts ruraux et les conséquences du changement climatique. Elle a fait référence au « de nos communautés rurales [qui] est en train de changer » et a déclaré que sa stratégie d’adaptation au changement climatique serait élaborée en collaboration avec les agriculteurs.
Ces dernières années, l’industrie européenne a fini par considérer que l’action en faveur du climat était dans son intérêt. Avec ce discours, elle espère probablement amorcer un changement similaire dans le secteur agricole.
Quant au reste du discours et de ses orientations, Mme von der Leyen s’est contentée d’une rhétorique positive sur l’environnement, prenant peu d’engagements concrets. Ces lignes directrices pour la législature à venir indiquent seulement que sa Commission « apportera des éclaircissements » sur la règlementation des PFAS, les polluants chimiques éternels.
Plus concrètement, Mme von der Leyen propose une loi sur l’économie circulaire, qui permettrait de monnayer les déchets tels que les matières premières essentielles, afin d’encourager un recyclage plus poussé.
Une ONG relève des niveaux alarmants d’un polluant éternel dans l’eau en Europe
L’ONG Pesticide Action Network Europe (PAN) a découvert de l’acide trifluoroacétique (TFA), un polluant éternel,…
4 minutes
Des plans ambitieux pour une industrie propre qui se heurtent au financement
Comme anticipé, Mme von der Leyen a mis l’accent sur le soutien à l’industrie européenne, en associant explicitement ses efforts de décarbonation à la compétitivité économique du continent.
Elle a promis de mettre en place un nouveau « Pacte pour une industrie propre » dans les 100 jours suivant sa réélection, qui « contribuera à faire baisser les factures énergétiques », dont les prix élevés « entravent notre compétitivité ».
Pour financer cet accord, une « législation visant à accélérer la décarbonation de l’industrie » dirigerait les investissements vers les infrastructures et les industries à forte consommation d’énergie. De plus, un Fonds européen pour la compétitivité investirait dans un éventail plus large de technologies stratégiques, dont les technologies propres.
Dans son discours, elle a également déclaré que le pacte pour une industrie propre accélérerait également la planification, l’octroi de permis et les appels d’offres concernant les projets dans le domaine de l’énergie.
Il reste cependant à déterminer le montant et l’origine du financement. Son document indique que le Fonds pour la compétitivité sera proposé dans le cadre des négociations sur le prochain budget de l’UE, qui couvrira la période 2028-2035. Ailleurs dans le texte, elle indique que l’UE aura besoin de davantage de sources de revenus propres.
Politique énergétique : une trajectoire inchangée
En matière de sécurité énergétique, la présidente sortante de l’exécutif a promis qu’elle n’avait « pas oublié le chantage exercé par [le président russe Vladimir] Poutine à notre encontre lorsqu’il a coupé notre approvisionnement en combustibles fossiles russes » en 2022. Sous les applaudissements de l’hémicycle, Mme von der Leyen a promis de mettre fin « une fois pour toutes » à la dépendance de l’Europe à l’égard des « combustibles fossiles russes polluants ».
Les énergies renouvelables ont fait l’objet d’une attention particulière dans son discours : elle les a qualifiées à plusieurs reprises de « propres » et « locales », contrairement à ses références aux combustibles fossiles russes.
Le discours de Mme von der Leyen et ses orientations politiques ont également évoqué la nécessité de réduire les prix de l’énergie, sans toutefois fournir de détails sur la manière d’y parvenir.
La responsable politique allemande n’a pas fait référence dans son discours à l’interdiction controversée des moteurs à combustion après 2035, bien qu’elle ait fait référence à la « neutralité technologique », ce qui devrait plaire à ses collègues allemands du PPE.
Ses orientations politiques font référence à cette interdiction, mais le texte ne mentionne qu’une « révision ciblée » des règles, axées sur les carburants de synthèse (e-carburants) — un sujet sur lequel un compromis a déjà été trouvé.
Tous les regards tournés vers le vote
Les principaux députés des groupes politiques du Parlement ont ensuite pris la parole pour commenter le discours de d’Ursula von der Leyen. Les réactions des quatre principaux partis centristes — les libéraux, les verts, le centre gauche et le parti de centre droit de la présidente sortante — ont été globalement positives, mais pas exemptes de critiques.
Les groupes vont maintenant se réunir séparément pour décider de leurs intentions avant le vote de cet après-midi.
Ursula von der Leyen expose sa vision de la compétitivité axée sur la technologie
Espérant être reconduite à la tête de la Commission européenne, Ursula von der Leyen a…
7 minutes
[Édité par Anne-Sophie Gayet]