Ursula von der Leyen demande un budget de l’UE « renforcé », sans donner beaucoup de détails

Ursula von der Leyen s’est montrée prudente lors de son discours devant le Parlement jeudi (18 juillet), signalant son soutien à un budget européen plus important et à des règles de concurrence plus souples, tout en restant suffisamment vague pour satisfaire les deux côtés de l’échiquier politique.

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EU Parliament to vote on new term for European Commission President von der Leyen
Ursula von der Leyen, qui shouhaite obtenir un second mandat à la barre de la Commission européenne. [EPA-EFE/RONALD WITTEK]

Ursula von der Leyen s’est exprimée avec précautions lors de son discours devant le Parlement européen jeudi (18 juillet), signalant son soutien à un budget européen plus important et à des règles de concurrence plus souples, tout en restant suffisamment vague pour satisfaire les deux côtés de l’échiquier politique.

Dans un discours prononcé à Strasbourg quelques heures avant le vote des eurodéputés sur sa réélection à la tête de la Commission, Ursula von der Leyen a laissé entendre qu’elle soutiendrait un budget de l’UE plus important. Un point sur lequel les responsables politiques nationaux sont largement divisés, car les pays « frugaux » comme l’Allemagne soulignent le manque d’efficacité des programmes existants et demandent que le budget soit réformé plutôt que revu à la hausse.

La présidente sortante a fait remarquer que le programme d’emprunt commun post-pandémie NextGenerationEU, d’un montant initial d’environ 800 milliards d’euros, prendra fin en 2026, mais que les « besoins en matière d’investissement, eux, persisteront ».

« Nous avons besoin d’une plus grande capacité d’investissement », a noté Mme von der Leyen, avant de préciser que le nouveau budget de l’UE « sera renforcé ».

Cette déclaration fait écho à ses orientations politiques pour la législature 2024-2029, où elle indique que le nouveau budget nécessiterait « des recettes renforcées et modernisées ».

Elle a également écrit que « de nouvelles ressources propres seront nécessaires pour
assurer un financement suffisant et durable pour nos priorités communes »
, mais n’a pas précisé quelles pourraient être ces ressources.

Le budget de l’UE « doit être davantage axé sur les politiques, plus simple pour les États membres et plus efficace, afin de nous permettre d’utiliser son effet de levier pour mobiliser davantage de financements privés et publics », a-t-elle affirmé lors de son discours.

L’Allemande a spécifiquement appelé à la création d’un « Fonds européen pour la compétitivité » afin d’attirer les investissements privés et de compléter un « Pacte pour une industrie propre » visant à stimuler la production durable dans l’ensemble de l’Union.

Elle a indiqué que ce pacte — une version remaniée du Pacte industriel qui a fait l’objet de nombreuses discussions sous la précédente législature — serait présenté « dans les 100 premiers jours » de son mandat.

Le nouveau fonds investira dans les technologies stratégiques — de l’IA à l’espace, en passant par les technologies propres et les biotechnologies — afin de renforcer l’autonomie stratégique de l’Union.

Mme von der Leyen a notamment souligné dans ses orientations politiques que le fonds viserait à garantir que nous utilisons le pouvoir de notre budget pour « mobiliser les
investissements privés et […] en réduire les risques »
, et ce afin de « servir nos objectifs communs ».

La présidente sortante de l’exécutif a également déclaré que le budget serait lié aux réformes et au respect continu de l’État de droit.

« Le respect de l’État de droit est un impératif pour l’octroi de fonds de l’UE. Dans le budget actuel, mais aussi dans ceux qui viendront. Grâce au mécanisme de conditionnalité. Ce n’est pas négociable, car il s’agit de l’essence même de notre mode de vie européen », a-t-elle soutenu.

En ce qui concerne la politique de concurrence, elle a souligné la nécessité d’une politique « qui aide les entreprises à se développer », faisant écho à la volonté de Paris et Berlin de permettre l’émergence de « champions européens » capables de rivaliser sur le marché mondial.

Cela marquerait un changement de priorités par rapport à l’accent mis depuis longtemps par Margrethe Vestager, commissaire sortante à la Concurrence, sur la garantie de la concurrence au sein de l’UE — ce qui, au cours de son mandat, a entraîné le blocage de certains projets de fusion très médiatisés, notamment celle entre le Français Alstom et Siemens en 2019.

Moins de bureaucratie

Ursula von der Leyen a également insisté sur l’importance de réduire la charge administrative qui pèse sur les entreprises : « Il nous faut réduire les obligations de déclaration, alléger la bureaucratie, mais aussi augmenter la confiance, améliorer le respect des règles et accélérer l’octroi de permis », a-t-elle martelé.

La présidente de la Commission a indiqué qu’elle demanderait à chacun de ses futurs commissaires « d’analyser son portefeuille en profondeur et de participer activement à la réduction de la charge ».

Elle a également réitéré ses précédents appels à l’approfondissement du marché unique et a notamment proposé la création d’une « Union européenne de l’épargne et des investissements » — un nouveau nom pour l’Union des marchés de capitaux (UMC), tiré du récent rapport élaboré par l’ancien Premier ministre italien Enrico Letta.

Plus de logements

« Le pourcentage du revenu des ménages consacré au logement a augmenté de manière
spectaculaire. L’on assiste à une flambée des loyers et des prix des logements. En outre,
l’important déficit d’investissement dans des logements sociaux et abordables ne fait que
se creuser », déplore Ursula von der Leyen dans ses orientations politiques.

Pour se pencher sur cette question, Mme von der Leyen a déclaré qu’elle nommerait un commissaire « directement chargé du logement » pour superviser l’élaboration d’un « plan européen pour des logements abordables, afin d’analyser tous les facteurs à l’origine de la crise, et pour permettre de débloquer les investissements privés et publics nécessaires ».

Pour attirer ces investissements, la Commission travaillera avec la Banque européenne d’investissement (BEI) à la mise en place d’une plateforme paneuropéenne d’investissement pour des logements abordables et durables.

« Généralement, le logement n’est pas considéré comme une question européenne. […] Mais je veux que cette Commission aide les citoyens dans les domaines les plus importants. Si c’est important pour les Européens, c’est important pour l’Europe », a-t-elle affirmé.