Ursula von der Leyen appelle l’UE au « stoïcisme » face aux craintes d’une attaque américaine contre le Groenland
La présidente de la Commission européenne a appelé l’Europe à rester « stoïque » face aux menaces américaines d’annexion du Groenland, alors que Washington intensifie ses pressions sur Copenhague pour qu’il renonce au contrôle de cette île arctique stratégiquement située et riche en minerais.
Dans un discours prononcé mercredi 7 janvier à l’occasion du début de la présidence tournante de Chypre du Conseil de l’UE, Ursula von der Leyen a exhorté les Européens à suivre l’exemple du fondateur du stoïcisme, Zénon de Citium, né dans ce pays insulaire de la Méditerranée orientale en 334 avant J.-C., alors que les tensions s’intensifient entre l’UE et son plus grand allié politique et militaire, les États-Unis.
« Le stoïcisme nous enseigne à ne pas craindre les défis, mais à les relever avec clarté et détermination », a déclaré l’Allemande dans son premier discours public de l’année 2026. « Transformer les défis en opportunités. Transformer l’adversité en force. C’est ce que Chypre a fait, à maintes reprises, à travers les âges. Et c’est ce que l’Europe doit faire maintenant, ensemble. »
Elle a ajouté que le principe selon lequel « la loi est plus forte que la force » s’applique « non seulement à notre Union européenne, mais également au Groenland », qui est un territoire autonome danois mais qui ne fait pas officiellement partie de l’UE.
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Ses remarques interviennent après l’attaque américaine contre le Venezuela le week-end dernier, qui a suscité l’inquiétude dans les capitales européennes quant à la possibilité que Donald Trump mette bientôt à exécution sa promesse d’annexer le Groenland, que le président américain menace de s’emparer depuis son retour à la Maison-Blanche l’année dernière.
Donald Trump et d’autres responsables américains ont également refusé d’exclure le recours à la force militaire pour atteindre cet objectif depuis l’attaque surprise de samedi, qui a également conduit à la capture du dirigeant Nicolás Maduro et de son épouse, Cilia Flores.
La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, déclarait en début de semaine qu’une attaque américaine contre le Groenland — couvert par l’OTAN en raison de l’appartenance du Danemark à l’Alliance — pourrait signifier la fin de l’alliance militaire, dont la résilience a déjà été affaiblie par le soutien déclinant de Washington à la sécurité européenne et la volonté de Donald Trump de mettre fin à la guerre en Ukraine à des conditions favorables à la Russie.
Chypre, qui a officiellement pris le relais du Danemark pour assurer la présidence tournante du Conseil l’UE pour six mois le 1er janvier, n’est pas membre de l’OTAN, mais s’est engagée à faire de la sécurité européenne et de la « poursuite de la coopération entre l’UE et l’OTAN » une « priorité clé » de son mandat.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio affirmait plus tôt mercredi qu’il rencontrerait des responsables danois la semaine prochaine pour discuter de la situation.
Magnus Lund Nielsen a contribué à la rédaction de cet article.