Ursula von der Leyen appelle la Hongrie à autoriser la Pride de Budapest, Viktor Orbán répond

La présidente de la Commission a appelé la Hongrie à autoriser la tenue de la Pride dans sa capitale hongroise ce samedi 28 juin. Une prise de position qui a suscité la réplique du Premier ministre Viktor Orbán.

EURACTIV.com
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La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. [Getty Images/Klaudia Radecka_NurPhoto]

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a appelé la Hongrie à autoriser la tenue de la marche des fiertés (Pride) dans sa capitale hongroise ce samedi 28 juin. Une prise de position qui a immédiatement suscité la réplique du Premier ministre Viktor Orbán.

« J’appelle les autorités hongroises à autoriser la Pride de Budapest à se dérouler sans crainte de sanctions pénales ou administratives à l’encontre des organisateurs ou des participants », a déclaré Ursula von der Leyen dans un message vidéo d’une minute.

Ursula von der Leyen et Viktor Orbán assistent tous deux à la réunion du Conseil européen à Bruxelles ce jeudi, où les tensions sont déjà vives car le dirigeant hongrois devrait bloquer l’accord sur le prochain train de sanctions contre la Russie.

La présidente de l’exécutif européen a exprimé dans la vidéo son « soutien et sa solidarité » envers les personnes LGBTIQ+ en Hongrie et a rappelé à Budapest que le principe de non-discrimination est inscrit dans les traités de l’UE.

D’autres commissaires européens, tels que Michael McGrath et Henna Virkkunen, ont relayé le message de la présidente sur X.

La réponse ne s’est pas fait attendre. Vingt-cinq minutes plus tard, le Premier ministre hongrois a répliqué, accusant la Commission de sortir de son rôle : « J’exhorte la Commission européenne à s’abstenir de toute ingérence dans les affaires policières des États membres, où elle n’a aucun rôle à jouer ».

Au moins dix-sept États de l’UE ont critiqué la Hongrie pour sa répression des droits des personnes LGBTIQ+, notamment avec sa loi autorisant l’interdiction des marches des fiertés et la surveillance des participants à de tels évènements. Adoptée en mars, cette loi interdit toute manifestation susceptible de contrevenir à la législation de 2021, qui proscrit toute évocation de l’homosexualité ou du changement de sexe auprès des mineurs.

Le message sans ambiguïté d’Ursula von der Leyen est quelque peu surprenant, car ses alliés conservateurs en Hongrie — le parti Tisza dirigé par Péter Magyar — ont exhorté les députés européens à ne pas participer sous la bannière du Parti populaire européen, craignant que cela ne fasse le jeu de Viktor Orbán et ne lui permette d’attiser les sentiments anti-UE auprès de son électorat national.

De plus, le mois dernier, Euractiv apprenait que le bureau d’Ursula von der Leyen aurait exhorté les commissaires à ne pas participer à la Pride de Budapest afin de ne pas irriter le Premier ministre hongrois. Une allégation démentie par l’exécutif européen, ce qui n’avait pas empêché de nombreuses voix de s’élever pour critiquer l’inaction de Bruxelles face à l’interdiction de la marche des fiertés.

Le message vidéo d’Ursula von der Leyen a été publié après la rencontre plus tôt mercredi entre Ursula von der Leyen et Iratxe García Pérez, la présidente du groupe des Sociaslites et Démocrates (S&D) au Parlement européen, qui participera à la Pride aux côtés de plusieurs eurodéputés et de la commissaire à l’Égalité, Hadja Lahbib.

Il intervient également après que le ministre hongrois de la Justice, Bence Tuzson, a envoyé une lettre, datée de mardi 24 juin, aux États membres et institutions de l’UE dans lesquelles il écrit que la marche a été interdite « afin de protéger les droits des enfants » et que « ceux qui participent à un évènement interdit par les autorités commettent une infraction ».

« Veuillez vous assurer que vos collaborateurs et collègues sont dûment informés de ces faits, dans un souci de clarté », indique également le ministre.

Tandis que les participants s’exposent à des amendes pouvant aller jusqu’à 500 euros, le ministre rappelle que l’organisation ou la promotion de la marche constitue une « infraction pénale passible d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à un an ».

Il s’agit là d’un avertissement clair à l’adresse du maire de Budapest, l’écologiste Gergely Karácsony, qui a promis de maintenir l’évènement, affirmant que « la liberté et l’amour ne peuvent être interdits ».

Hadja Lahbib devrait tenir une conférence aux côtés du maire ce vendredi 27 juin.

Les organisateurs attendent plus de 35 000 personnes, pronostiquant « la plus grande Pride » depuis sa création dans les années 1990, selon l’AFP.

Anupriya Datta et Nicoletta Ionta ont contribué à la rédaction de cet article.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]