Uniper : l'Allemagne va nationaliser le géant gazier en difficulté

Le gouvernement allemand déboursera 8 milliards d’euros pour acquérir 99% des actions du géant gazier en difficulté Uniper après avoir trouvé un accord avec le gouvernement finlandais, dont la société d’État Fortum est l’un des principaux actionnaires.

EURACTIV.com
Germany nationalizes Uniper
Le gouvernement allemand a annoncé le 21 septembre 2022 qu’il avait accepté la nationalisation du géant gazier allemand Uniper, en proie à des difficultés financières suite à la réduction de l’approvisionnement en gaz russe. [ EPA-EFE/FRIEDEMANN VOGEL]

Le gouvernement allemand déboursera 8 milliards d’euros pour acquérir 99% des actions du géant gazier en difficulté Uniper après avoir trouvé un accord avec le gouvernement finlandais, dont la société d’État Fortum est l’un des principaux actionnaires.

La nationalisation d’Uniper, qui avait été créée comme une structure de défaisance destinée à concentrer les actifs fossiles d’E.ON, fait suite aux tentatives répétées du gouvernement allemand de la maintenir en activité.

Souffrant d’une perte de dizaines, voire de centaines de millions d’euros par jour en raison de l’arrêt des flux de gaz contractuels en provenance de Russie, Berlin a proposé des lignes de crédit et a créé une taxe sur le gaz afin de mutualiser les coûts de fonctionnement de l’entreprise. Le gouvernement entreprend maintenant la plus grande nationalisation jamais réalisée dans le pays.

« Le gouvernement allemand va renforcer son engagement auprès d’Uniper », a expliqué Robert Habeck, vice-chancelier et ministre de l’Economie.

« Uniper détient une part de 50% du gaz russe et une part de 40% du marché allemand », a-t-il ajouté.

Dans le cadre de la nationalisation, le gouvernement investira 8 milliards d’euros par le biais d’une augmentation de capital, à raison de 1,70 euro par action. En outre, 500 millions d’euros seront consacrés au rachat des actions de Fortum.

Berlin viendra remplacer le prêt actionnaire de 4 milliards d’euros et les garanties de crédit de 4 milliards d’euros annulés pour Fortum.

Les experts et les responsables politiques de l’opposition finlandais ne se sont pas montrés enthousiastes à l’idée que leur entreprise publique soit déplacée, évoquant un environnement « hostile ». Fortum, une entreprise publique finlandaise, détenait auparavant 78% des actions d’Uniper, qu’elle avait achetées pour environ 6,5 milliards d’euros.

Uniper satisfaite du rachat

Uniper elle-même semblait satisfaite du rachat par le gouvernement.

« L’accord d’aujourd’hui clarifie la structure de propriété, nous permet de poursuivre nos activités et de remplir notre rôle de fournisseur d’énergie critique pour le système », a expliqué Klaus-Dieter Maubach, PDG d’Uniper.

M. Maubach a évoqué « la toile de fond de la nouvelle intensification de la crise énergétique » pour expliquer pourquoi les mesures de stabilisation d’un montant de 15 milliards d’euros annoncées en juillet étaient insuffisantes.

Accords parallèles

Une nouveauté de l’accord est un droit limité de premier achat si Uniper décide de vendre les « activités hydroélectriques ou nucléaires suédoises ». L’ancien propriétaire, Fortum, est alors libre de décider d’acheter ou non les installations. Ce droit sera limité jusqu’en 2027.

« Uniper n’a actuellement aucune intention de vendre ces activités », a déclaré Uniper dans un communiqué.

L’énergéticien doit également abandonner son action en justice contre les Pays-Bas. La société a fait les gros titres lorsqu’elle a utilisé le traité de la charte sur l’énergie, visant à protéger les investissements énergétiques, contre la sortie du charbon néerlandais.

En outre, l’autorité de la concurrence de la Commission européenne doit donner son accord. Le gouvernement allemand s’attend à ce que cela prenne trois mois, a indiqué M. Habeck.