Union pour la Méditerranée : Guaino reprend la main

Le conseiller spécial du président a accompagné le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, pour un déplacement en Egypte dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée (UPM), mardi 9 et mercredi 10 septembre.

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Le conseiller spécial du président a accompagné le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, pour un déplacement en Egypte dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée (UPM), mardi 9 et mercredi 10 septembre.

Remaniement à l’Elysée. Depuis la rentrée, la cellule de l’Union pour la Méditerranée (UPM) connaît un léger changement d’organisation. L’ancien ambassadeur en charge de l’UPM, Alain Le Roy, parti, Henri Guaino reprend la tête du projet. Contrairement à ce que certains avaient laissé entendre, aucun ambassadeur ne remplacera Le Roy à son poste.

L’ancien responsable de la cellule a quitté précipitamment le navire. Sa nomination au poste de secrétaire général adjoint des Nations unies aux opérations de maintien de la paix est intervenue avant même le sommet de lancement de l’Union pour la Méditerranée, le 13 juillet. (EURACTIV.fr 13/07/08) «Cette nomination prématurée cache en fait un désaccord de fond de Le Roy par rapport à l’UPM», commente un expert du dossier, qui affirme que l’ambassadeur a voulu quitter la tête du projet dès avant le mois de juillet.

C’est donc le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, qui a accompagné Jean-Louis Borloo, les 9 et 10 septembre au Caire, pour un déplacement dans le cadre de l’UPM (lire encadré).

L’ambassadeur Serge Telle, dont le nom avait été évoqué pour prendre la place de Le Roy, devrait en fait rester à son poste. Depuis avril 2008, Serge Telle est «ambassadeur chargé du processus euro-méditerranéen engagé à Barcelone». Il ne devrait pas être nommé à la tête de l’UPM en Conseil des ministres, comme cela avait été le cas pour Alain le Roy.

En théorie, le mouvement est donc assez compréhensible : Le Roy s’en va, Telle reste en poste auprès de Bernard Kouchner et Guaino reprend «son» projet en main.

«L’idée, ce n’est pas de reproduire l’Union européenne et de mettre en place une bureaucratie qui produira une montagne de papier, commente un proche du conseiller élyséen. Nous, on ne produit pas du papier, on produit du projet.»

Cafouillage

«Le patron de la cellule UPM à l’Elysée, ce sera Guaino, pas Telle», confirme un diplomate proche du dossier. «Au fond, il y avait de si grandes divergences de vue entre Guaino et Le Roy, que la situation est beaucoup plus claire comme cela.»

Pourtant, tout n’est pas si «clair». Au cours de son audition par la commission des Affaires étrangères du Sénat, mercredi 16 juillet, Alain Le Roy lui-même s’est emmêlé les pinceaux en désignant Serge Telle comme son «successeur» à la tête de l’UPM.

Sur le fond, ce cafouillage cache, pour certains observateurs, une reprise en main forcée d’Henri Guaino, inspirateur du projet et conseiller de Nicolas Sarkozy, sur l’UPM. «Le fait que Guaino reprenne le processus est un signe de l’affaiblissement de l’UPM», analyse Dorothée Schmid, chercheur à l’IFRI, et déjà très critique sur le projet avant la tenue du sommet de Paris.