Une version moins chère de Nabucco promue par l'Italien Edison
L'entreprise énergétique italienne Edison fait pression auprès de la Commission européenne pour obtenir davantage de soutien dans la mise à jour des infrastructures existantes et la construction d'interconnexions de la Mer Caspienne jusqu'en l'Italie, ont déclaré ses représentants le 26 avril. Cela permettrait au gazoduc Nabucco d'en profiter dans le futur, ont-ils assuré.
L'entreprise énergétique italienne Edison fait pression auprès de la Commission européenne pour obtenir davantage de soutien dans la mise à jour des infrastructures existantes et la construction d'interconnexions de la Mer Caspienne jusqu'en l'Italie, ont déclaré ses représentants le 26 avril. Cela permettrait au gazoduc Nabucco d'en profiter dans le futur, ont-ils assuré.
Le projet ITGI (Interconnexion Turquie-Grèce-Italie) mis en avant par Edison est plus compétitif en termes de coût et pourrait constituer la première phase du projet Nabucco, a déclaré aux journalistes à Bruxelles Elio Ruggeri, directeur chez Edison des infrastructures gazières.
Il y a eu un trop plein d'attention sur Nabucco, a affirmé le représentant de l'entreprise.
M. Ruggeri s'est plaint du manque de signal européen clair concernant le corridor gazier du sud. Dans ce contexte, il a dévoilé la vision de son entreprise concernant le futur des approvisionnements des gazoducs en Europe en provenance de sources autres que la Russie.
En supposant que la demande en gaz en Europe reste faible jusqu'en 2015, le représentant d'Edison prévoit que l'Azerbaïdjan pourrait être le seul fournisseur de gaz de cette zone, via la Turquie. Cependant, les approvisionnements de gaz en Europe en provenance d'Azerbaïdjan, qui est riche en pétrole mais qui dispose de réserves de gaz relativement faibles, resteraient modestes et pourraient se monter au total à 2 mmc/a, a-t-il dit.
Mérite financier, bénéfice politique
Les volumes d'Azerbaïdjan sont suffisants pour soutenir le développement d'un gazoduc de taille moyenne comme l'ITGI, a-t-il dit, soulignant le mérite financier et le bénéfice politique du projet.
D'autres efforts seraient nécessaires :
- Modernisation du réseau turc et interconnexion Turquie-Grèce (opérationnel depuis 2007) ;
- Réalisation de l'interconnexion Grèce-Italie (IGI), avec un gazoduc de 600 km à travers le territoire grec puis un gazoduc en mer sous la Mer Ionienne (le gazoduc Poséidon) ;
- Réalisation de l'interconnexion Grèce-Bulgarie (IGB, aussi connue sous le nom de Stara Zagora-Komotini, en partie financée par les fonds de l'UE).
Lorsqu'il sera opérationnel, l'ITGI commencera en Azerbaïdjan, traversera la Géorgie (le gazoduc existant Bakou-Tbilissi-Erzeroum) et la Turquie pour arriver en Grèce, puis en Italie à travers la Mer Ionienne. La branche allant de Komotini à Stara Zagora permettra d'être sûr que la Bulgarie dispose d'une source de gaz alternative fiable d'ici 2013. Le gaz russe pourrait aussi être importé via le gazoduc existant Blue Stream à travers la Mer Noire, de Beregovaya (Russie) à Durusu (Turquie).
L'ITGI bénéficie déjà de 100 millions d'euros de subvention alloués à Poséidon et de 45 millions d'euros alloués à l'interconnexion Grèce-Bulgarie. Comparé à Nabucco, l'ITGI est un projet moins cher et plus mature, prétendent ses représentants. Si Nabucco était construit sans approvisionnements suffisants en gaz et qu'il fonctionnait seulement à la moitié de ses capacités ou moins, le coût de ce gaz serait très important pour le consommateur, affirment ils.
Le besoin d'une infrastructure massive comme Nabucco ne se ferait jour qu'après 2020, si jamais le gaz irakien ou turc devenait disponible, selon lui. Le gaz irakien n'est pas exploitable en raison du conflit entre les autorités locales irakiennes et kurdes, où se situent les réserves, et le gouvernement central de Bagdad. En ce qui concerne le Turkménistan, le scénario le plus optimiste prévoit que ce pays exporterait 10 mmc/a vers l'UE via la Turquie dès 2020.
M. Ruggeri a insisté pour dire que son entreprise n'était pas en concurrence avec Nabucco, qui selon ses mots constitue la prochaine phase du corridor du sud.
Interrogé par EURACTIV pour savoir si le même message avait été porté devant le commissaire à l'énergie Guenther Oettinger, il a admis qu'une rencontre avait eu lieu et que le message avait été passé. Une décision sera nécessaire avant la fin de l'année sur la question de savoir si IGTI obtiendra davantage d'aide européenne, a-t-il dit.
M. Ruggeri a admis que si l'Azerbaïdjan décidait de vendre son gaz à la Russie, tous ses projets tomberaient à l'eau.
Si le gaz d'Azerbaïdjan est vendu à la Russie, on peut dire au revoir au corridor du sud. L'Azerbaïdjan est essentielle dans notre projet, a affirmé le représentant d'Edison.