Une responsable du Conseil de l'Europe "choquée" par sa visite dans la capitale du Haut-Karabakh

La commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, Dunja Mijatovic, s'est dite "choquée" jeudi (26 octibre) de trouver Stepanakert, capitale du Haut-Karabakh reprise le mois dernier par l'Azerbaïdjan aux séparatistes arméniens, presque entièrement vidée de ses habitants.

131st meeting of the Committee of Ministers of Council of Europe in Hamburg
Lors de ses entretiens dans les deux pays, Dunja Mujatovic a "insisté sur l'importance de respecter les droits fondamentaux de toutes les personnes déplacées, y compris leur droit au retour dans la dignité et la sécurité". EPA-EFE/MARCUS BRANDT / POOL

La commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatovic, s’est dite « choquée » jeudi (26 octibre) de trouver Stepanakert, capitale du Haut-Karabakh reprise le mois dernier par l’Azerbaïdjan aux séparatistes arméniens, presque entièrement vidée de ses habitants.

Mme Mujatovic s’est rendue du 16 au 23 octobre en Arménie et en Azerbaïdjan, y compris au Haut-Karabakh, où elle a effectué la première visite consacrée au droits de l’Homme « depuis des décennies« , a rapporté le Conseil de l’Europe dans un communiqué.

« Elle a été choquée de voir que la ville de Khankendi » (nom de la capitale pour l’Azerbaïdjan) « était presque totalement vide à la suite du départ de sa population en septembre », a précisé l’institution internationale.

« Elle a été informée que seuls quelques Arméniens de souche vivaient toujours dans la région », a rapporté l’organisation.

Le Conseil de l’Europe, qui rassemble 46 Etats dont l’Arménie et l’Azerbaïdjan, estime que plus de 100 000 Arméniens ont fui l’enclave en direction de l’Arménie à la suite de l’offensive éclair des troupes de Bakou les 19 et 20 septembre.

Lors de ses entretiens dans les deux pays, Mme Mujatovic a « insisté sur l’importance de respecter les droits fondamentaux de toutes les personnes déplacées, y compris leur droit au retour dans la dignité et la sécurité ».

Elle a également souligné « la nécessité d’enquêtes indépendantes et efficaces sur les graves violations des droits de l’Homme évoquées lors du conflit ».

Après une offensive éclair des forces azerbaïdjanaises le mois dernier durant laquelle près de 600 personnes ont péri, la quasi-totalité de la population arménienne a fui la république autoproclamée du Haut-Karabakh, qui a annoncé sa dissolution au 1er janvier 2024.

Cette région montagneuse était peuplée essentiellement d’Arméniens, qui la considèrent comme ancestrale, mais fait officiellement partie de l’Azerbaïdjan. Elle a proclamé unilatéralement son indépendance en 1991 après la chute de l’Union soviétique, avec le soutien de l’Arménie.

Les séparatistes du Haut-Karabakh se sont opposés pendant plus de trois décennies à Bakou, notamment lors de deux guerres entre 1988 et 1994 et à l’automne 2020. La communauté internationale n’a jamais reconnu la république autoproclamée.