Une nouvelle incertitude règne sur le renflouement de Chypre
Une nouvelle incertitude règne sur le renflouement de 10 milliards d’euros qui vise à sauver Chypre de la faillite, car le parlement turbulent du pays votera la version définitive du plan de sauvetage.
Une nouvelle incertitude règne sur le renflouement de 10 milliards d’euros qui vise à sauver Chypre de la faillite, car le parlement turbulent du pays votera la version définitive du plan de sauvetage.
Un accord sur le vote-surprise a été atteint cette semaine et des signes précoces laissent penser que près de la moitié des 56 députés pourraient s'opposer au renflouement, considéré comme indispensable pour le maintien de Chypre dans la zone euro.
Le petit parti Vert de l'opposition a annoncé mercredi que son unique député voterait contre l'accord. Ce parti est ainsi le premier à se prononcer sur ses intentions.
Les communistes du parti de l'AKEL et les socialistes de l'EDEK, qui occupent ensemble 24 sièges, ont cependant exprimé publiquement leur opposition au plan de sauvetage. Beaucoup pensent qu'ils rejetteront probablement ce plan, même s'ils pourraient s'abstenir.
« Nous nous sommes battus pour la liberté, nous nous sommes battus pour le maintien de la République de Chypre », a déclaré le législateur George Perdikis dans un communiqué.
« Il s'agit, à mon avis, d'une infraction. Il ne faut ni mettre Chypre entre les mains de la troïka ni permettre qu'elle devienne une colonie », a-t-il déclaré, en faisant allusion aux prêteurs du pays, à savoir l'Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international.
Le Parlement chypriote avait semé l'effroi en Europe en rejetant en mars à l'unanimité une première version du plan de sauvetage qui comprenait des exigences controversées pour les déposants des banques, dont les petits épargnants, dont les finances seraient saisies pour contribuer aux dépenses.
Les pertes des grands déposants
Selon la version finale du plan de sauvetage convenu avec l'Union européenne et le Fonds monétaire international, des pertes massives ont été imposées aux grands déposants des deux grandes banques de l'île. Cette mesure a déclenché une tourmente économique qui plongera probablement le pays dans une récession plus grave.
L'accord, qui doit toujours être soumis à l'approbation de députés dans certains États membres, doit également être adopté au Parlement chypriote, un plan imprévu précédemment, selon le procureur général Petros Clerides.
Dans un communiqué publié mardi soir, M. Clerides a cité une exigence constitutionnelle qui appelle à un vote sur le plan de sauvetage après sa présentation officielle à l'assemblée par le président Nicos Anastasiades. Des membres de l'opposition ont demandé un vote, car ils estiment que l'assemblée ne pouvait pas être ignorée sur un sujet aussi important.
« Quiconque s'apprête à voter contre l'accord de prêt devra simultanément proposer comment trouver ces 10 milliards d'euros », a expliqué le porte-parole du gouvernement, Christos Stylianides à la radio publique chypriote.
« Ils devraient aussi proposer comment nous pourrons faire face à des questions comme le versement des salaires et des retraites, et comment nous pourrons faire face au tollé général que provoquerait un possible rejet de cet accord », a-t-il ajouté.
Le plan de renflouement devrait être déposé à la fin du mois devant le Parlement, une fois entériné par le gouvernement, a déclaré mercredi à Reuters le secrétaire général du Parlement, Socrates Socratous
Les ministres des finances de la zone euro ont approuvé la semaine dernière l'aide de 10 milliards d'euros. En échange, Chypre doit trouver 13 milliards d'euros supplémentaires, ce qui amènerait le montant des besoins financiers bruts de l'île à 23 milliards d'euros.