Une « mission » franco-britannique sera envoyée en Ukraine
Paris et Londres ont annoncé qu'ils enverraient une « mission conjointe » à Kiev dans les trois semaines à venir afin d'étudier la structure d'une future « force de dissuasion » pour le pays.
PARIS – Paris et Londres ont annoncé qu’ils enverraient une « mission conjointe » à Kiev dans les trois semaines à venir afin d’étudier la structure d’une future « force de dissuasion » pour le pays.
Mais à l’issue des pourparlers, jeudi à l’Élysée, en présence d’une trentaine de pays décidés à soutenir l’Ukraine, le président de la République a admis qu’il n’y avait toujours pas d’unanimité concernant l’initiative franco-britannique.
Il a plutôt indiqué qu’il était prévu que les chefs d’état-major de la France et du Royaume-Uni envoient une « mission franco-britannique en Ukraine » pour rencontrer leurs homologues ukrainiens dans un délai de « trois semaines » afin d’identifier les « emplacements stratégiques » où les futures troupes occidentales pourraient être stationnées, ainsi qu’un « schéma » des besoins.
Ces forces ne seront ni des « troupes de maintien de la paix » ni des « unités de combat de première ligne », a précisé Emmanuel Macron.
L’équipe de reconnaissance évaluera également « la structure de l’armée ukrainienne de demain », y compris sa taille, son équipement et ses soldats.
À Moscou, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a accusé Paris et Londres de tenter de déguiser leur intervention en « une sorte de mission de maintien de la paix ».
Garder (le) tout ensemble
Si la réunion de jeudi a rassemblé plus de 30 dirigeants, soit davantage que lors des initiatives précédentes de ce type, la Hongrie et la Slovaquie, proches de la Russie, ont brillé par leur absence.
Les discussions « n’ont pas pour but de persuader les Américains et les Russes de les inclure dans les négociations de paix, mais plutôt d’empêcher tout mouvement centrifuge entre les pays occidentaux », a expliqué Sylvain Kahn, professeur des affaires européennes à Sciences Po.
« L’objectif est de garder tout le monde à la même table et de signaler au reste du monde que, contrairement aux États-Unis, il reste des alliés fiables sur lesquels on peut compter », a poursuivi le professeur.
Un responsable de l’UE présent à Paris a confirmé que, dans le cadre de l’engagement pris jeudi, le « soutien immédiat » du bloc à l’Ukraine inclurait deux millions de cartouches de munitions. Preuve qu’il y a eu une avancée au sujet de l’initiative de 5 milliards d’euros lancée la semaine dernière par la diplomate en chef de l’Union, Kaja Kallas.
Lors du dernier Conseil européen jeudi dernier, les dirigeants de l’UE ont minimisé les récents désaccords sur l’aide à l’Ukraine et le financement de la défense afin de « démontrer à Washington que les pays de l’OTAN sont capables d’organiser leur propre défense sans dépendre de leur « grand frère » américain », a fait savoir le responsable de l’UE.
Pression croissante
La réunion parisienne de jeudi intervient après l’annonce de Washington, cette semaine, selon laquelle la Russie et l’Ukraine se sont mises d’accord sur un cessez-le-feu en mer Noire. Même si Moscou a conditionné son implication à une série de conditions préalables, dont l’allègement des sanctions.
« Les participants restent sceptiques quant à la mise en œuvre par la Russie du cessez-le-feu partiel annoncé », a déclaré un dirigeant de l’UE présent aux pourparlers à Paris.
Si l’administration Trump aura besoin du consentement européen pour lever les sanctions contre la Russie afin que l’accord fonctionne, plusieurs responsables de l’UE à Paris ont au contraire appelé à resserrer l’étau sur Moscou.
Le président du Conseil européen, António Costa, a estimé que la meilleure façon d’aider l’Ukraine était de « maintenir la pression sur la Russie par des sanctions ».
Selon le responsable de l’UE, beaucoup d’États membres de l’UE restent convaincus « que ce serait une erreur stratégique de céder à la tentation d’un assouplissement précoce des sanctions ».