Une militante influente demande le durcissement de la législation sur l’avortement en Pologne
Kaja Godek a commencé à collecter des signatures afin que les législateurs examinent sa proposition visant à renforcer l’une des lois les plus strictes de l’UE en matière d’avortement en pénalisant toute personne qui promeut publiquement l’avortement.
Kaja Godek, militante anti-avortement de premier plan, a commencé à collecter des signatures afin que les législateurs examinent sa proposition visant à renforcer l’une des lois les plus strictes de l’UE en matière d’avortement en pénalisant toute personne qui promeut publiquement l’avortement.
En Pologne, l’avortement n’est autorisé que si la grossesse est le résultat d’un acte criminel ou si la vie ou la santé de la femme sont en danger. Obtenir un avortement par tout autre moyen est illégal.
Mais cela ne suffit pas à Mme Godek, qui propose aux législateurs d’examiner sa proposition visant à criminaliser également la promotion de l’avortement, notamment les personnes qui recommandent la procédure et informent le public sur les moyens d’interrompre sa grossesse, avec une peine pouvant aller jusqu’à deux ans d’emprisonnement.
L’idée est d’interdire « l’aide systémique à l’avortement », qui est aujourd’hui difficile à poursuivre en raison du vide juridique, a expliqué Mme Godek au quotidien Rzeczpospolita.
« En juin, un représentant de Legal Abortion (une ONG pro-avortement), s’exprimant au parlement, a donné des instructions sur la manière de pratiquer un avortement à domicile. Nos bénévoles ont déposé une notification d’infraction, mais le bureau du procureur a classé l’affaire. Nous voulons adopter une loi qui empêchera l’abandon de telles procédures », a-t-elle déclaré, citée par EURACTIV Pologne.
Tout ce dont Mme Godek a maintenant besoin, c’est que sa proposition recueille 100 000 signatures, car ce n’est qu’à ce moment-là qu’elle sera soumise au Sejm, la chambre basse du Parlement, pour un vote. Le mois dernier, Elżbieta Witek, présidente du Sejm, a créé un comité chargé de recueillir les signatures des citoyens.
Deux ans se sont écoulés depuis que le Tribunal constitutionnel a décidé, dans un arrêt controversé, que les défauts létaux graves ne constituent pas une base suffisante pour interrompre la grossesse. Cette décision avait donné lieu à des manifestations de masse dans tout le pays, auxquelles ont participé des partisans et des opposants de l’avortement.