Une meilleure participation des femmes au marché du travail est nécessaire, selon la commissaire européenne à l’Égalité

L’UE et les États membres devraient en faire davantage pour que les femmes restent sur le marché du travail afin de garantir l’indépendance financière de ces dernières et d’éviter que du « capital humain formé » ne soit gâché, selon Helena Dalli.

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« De nombreux États membres investissent beaucoup dans la formation et l’éducation des femmes, mais ensuite ils perdent cet investissement, ils n’obtiennent pas de retour sur investissement », a déclaré la commissaire « De nombreux États membres investissent beaucoup dans la formation et l’éducation des femmes, mais ensuite ils perdent cet investissement, ils n’obtiennent pas de retour sur investissement », a déclaré la commissaire européenne Helena Dalli à EURACTIV. [[EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]]

L’Union européenne et les États membres devraient en faire davantage pour que les femmes restent sur le marché du travail afin de garantir l’indépendance financière de ces dernières et d’éviter que du « capital humain formé » ne soit gâché, a déclaré la commissaire européenne à l’Égalité Helena Dalli lors d’un entretien avec EURACTIV.

Bien que plus de femmes que d’hommes atteignent des niveaux d’éducation élevés dans l’UE, les femmes sont toujours moins suceptibles d’être employées, et ont plus de chance de travailler moins longtemps et de percevoir un salaire inférieur. Selon Eurostat, en 2020, 77,2 % des hommes en âge de travailler avaient un emploi, contre seulement 66,2 % des femmes.

« De nombreux États membres investissent beaucoup dans la formation et l’éducation des femmes, mais ensuite ils perdent cet investissement, ils n’obtiennent pas de retour sur investissement », a déclaré la commissaire Dalli à EURACTIV.

« Nous gâchons une grande partie du capital humain formé lorsque nous ne fournissons pas les structures nécessaires [pour que les femmes restent sur le marché du travail] », a-t-elle ajouté.

Dans l’UE, 91 % des interruptions de carrière pour la garde des enfants sont assumées par des femmes, ainsi que 75 % des postes à temps partiel, ce qui a un impact négatif sur l’écart entre les genres dans le bloc, tant au niveau des salaires que des retraites. En moyenne, les femmes européennes gagnent 13 % de moins que les hommes et perçoivent 30 % de moins en allocations de retraite.

Rester sur le marché du travail

Mme Dalli a indiqué que la Commission avait travaillé sur « toute une série de directives et d’initiatives visant à aider les femmes à entrer et à rester sur le marché du travail ».

Ces initiatives comprennent les règles de transparence salariale récemment adoptées et une directive sur les quotas pour les sièges au conseil d’administration des entreprises. En outre, la stratégie européenne en matière de soins présentée en septembre devrait également promouvoir l’égalité des genres, indique Mme Dalli.

« Dans l’Union européenne, il y a près de 8 millions de femmes qui sont qualifiées, mais qui ne travaillent pas en raison de leurs responsabilités en matière de soins, non seulement le soin des jeunes enfants, mais aussi des proches porteurs de handicaps ou des personnes âgées. »

Mme Dalli a déclaré que la stratégie en matière de soins devrait attirer davantage de personnes dans le secteur des soins, « afin que ces femmes soient libérées de leurs responsabilités de soins informelles et puissent contribuer au marché du travail ».

En outre, les États membres ont récemment convenu de rendre les services d’accueil et d’éducation de la petite enfance plus abordables et plus accessibles. Selon Mme Dalli, cela devrait contribuer à réduire l’écart entre les pensions et les salaires des hommes et des femmes, en évitant que ces dernières cessent de travailler en raison de leurs responsabilités en matière de soins.

La commissaire a également déclaré qu’il était important de promouvoir un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée.

« Ce n’est pas seulement une question de travail, nous voulons que les femmes aient des enfants, car notre population est vieillissante », a-t-elle déclaré. Mme Dalli a également souligné l’importance de la directive sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée adoptée en juin 2019 pour améliorer l’accès aux congés familiaux et aux modalités de travail flexibles.

Or, tous les États membres n’ont pas transposé la directive alors que la transposition était prévue cet été.

« Il faut vraiment insister, encore et encore auprès des États membres parce que tous n’ont pas la même ambition », a déclaré Mme Dalli, ajoutant qu’il était important de « faire comprendre aux États membres qu’outre l’argument moral [de l’égalité des genres], il y a l’argument économique, qui leur rapportera au final ».

L’avenir

À la question de savoir si la Commission travaille sur d’autres initiatives visant à améliorer l’égalité des genres en 2023, Mme Dalli a répondu que l’exécutif européen continuera à faire pression sur les États membres concernant la mise en œuvre.

Les institutions européennes continueront également à discuter d’une nouvelle législation sur la violence envers les femmes et la violence domestique sous les prochaines présidences suédoise et espagnole du Conseil de l’UE.

La proposition, présentée par la Commission en mars 2022, comprend des normes minimales pour criminaliser le viol et la cyberviolence, protéger les victimes et améliorer l’accès à la justice.

« C’est très important et c’est également étroitement lié aux femmes sur le marché du travail », a déclaré Mme Dalli.

« On ne peut jamais généraliser et chaque cas a sa propre histoire, mais dans l’ensemble, les femmes qui restent dans des relations abusives le font parce qu’elles ne sont pas indépendantes financièrement », a-t-elle ajouté, affirmant que l’amélioration de la participation des femmes au marché du travail les rendrait également moins vulnérables à la violence.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]